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Dérives sectaires – Quelques faits, chiffres et idées reçues…

De nombreuses études ont montré qu’il n’existe pas de profil psychologique type d’adepte, des facteurs tel qu’un épisode dépressif, ou des difficultés personnelles, familiales ou sociales, ou la recherche d’un idéal, peuvent néanmoins constituer un terreau favorable.

Les adeptes sont majoritairement issus des classes moyennes et aisées de la société, beaucoup plus rarement des classes modestes, ce qui s’explique en partie par le souhait des sectes de rencontrer un public «solvable» et parce que «l’homme de la rue» sera plus méfiant.
Si l’âge des adeptes est extrêmement variable, deux groupes semblent dominer : celui des jeunes adultes (25 – 35 ans), dans les sectes orientalistes, gnostiques ou du Nouvel Age, celui des personnes de 50 – 60 ans dans les groupes de prière ou de guérison.

L’adhésion à la secte représente souvent une réponse à des conflits sociaux ou familiaux auxquels le futur adepte est confronté. 
A signaler que le thème du perfectionnement individuel a attiré vers les sectes une clientèle qui lui était encore récemment inaccessible : celle des étudiants (cherchant à accroître leurs performances pour la réussite à un examen…), des élites intellectuelles, et notamment scientifiques, leur vulnérabilité réside dans la certitude de ne pas être manipulables.

Que faire en cas d’embrigadement ?

Le comportement d’un proche ou d’un ami vous a d’abord intrigué et maintenant vous inquiète. On ne le reconnaît plus. Sa relation avec son entourage devient distante, voire agressive. Son attitude générale s’est modifiée : soirées et week-ends occupés par de nombreuses réunions, discours manifestement appris, régime alimentaire particulier, dépenses financières importantes et inexpliquées, etc… Enfin quelqu’un suggère : ne serait-il pas entraîné dans une secte ? Le mot est lâché; il fait peur. Et pourtant il ne faut pas céder à la panique, car, même s’il s’agit de la bonne interprétation de ce changement de personnalité, il ne faut pas croire que tout est perdu.

Les bonnes attitudes seraient :

  • Essayer de s’informer objectivement sur les théories de la secte et sur son vocabulaire, lire les documents internes à la secte, en connaître les pratiques.
  • Rencontrer des ex-adeptes mais aussi d’autres familles et des associations concernées par le problème.
  • Entretenir le contact, en particulier affectif, avec l’adepte.Ne pas l’attaquer sur son gourou, sa croyance, sa nouvelle philosophie. Lorsque vous parlez à un adepte de ses croyances, vous déclenchez en lui un réflexe dû à son conditionnement et il va vous débiter le discours de la secte comme s’il avait enclenché un magnétophone.
  • S’intéresser à ce qu’il vit au quotidien, à ce qu’il vit d’intéressant à ses yeux.
  • Lui demander s’il se sent dans la paix, dans la joie. Un jeune sorti de secte disait : «On nous apprenait à avoir un visage toujours souriant. Je me souviens avoir dit à ma famille : je suis heureux et pendant que je souriais, je ravalais mes larmes; je me souviens 15 ans après du goût de mes larmes».
  • Lui dire votre joie de vivre, vos difficultés aussi, mais comment vous les surmontez.
  • Poser quelques questions qui lui permettent de réfléchir lui-même, de commencer à douter.
  • Le voir hors de son groupe, autrement la conversation ne servira à rien. Toujours se rappeler qu’il est victime d’une escroquerie morale et intellectuelle.
  • Mobiliser la famille, les amis et se répartir les rôles.

S.B. / 01.09.2009