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Le travail précaire : notions et implications 

Quelques formes de travail précaire.

Contrats de travail successifs

Il s’agit de contrats de travail de durée déterminée, juxtaposés, se succèdant les uns aux autres (ex : contrat d’un mois, auquel se succède un autre contrat d’un mois). Si en soi, cette pratique n’est pas interdite, elle ne doit pas contrevenir aux normes de protection des travailleurs/travailleuses (délais de congé, assurances sociales). Si tel est le cas, on considérera qu’il s’agit non pas de plusieurs contrats de durée déterminée, mais bel et bien d’un seul contrat de durée indéterminée.

Jobs temporaires 

Le travailleur/la travailleuse conclut un contrat de travail avec la société de placement, laquelle offre les services de son employé-e à toute entreprise recherchant du personnel pour une certaine durée (ex : remplacement, surcroît de travail imprévu, etc.). Séduisante pour ceux/celles qui ne veulent ou ne peuvent travailler en continuité, cette solution n’en demeure pas moins insatisfaisante pour ceux/celles qui doivent gagner leur vie : en effet, un salaire ne sera versé que pendant la durée de la mission auprès de l’entreprise; autrement dit, si le travailleur/la travailleuse n’est pas placé-e pendant une certaine période, il/elle ne touche pas de revenu.

Travail sur appel 

Le travailleur/la travailleuse prend l’engagement d’exercer l’activité convenue chaque fois que son employeur fait appel à lui/elle. Il s’agit d’un contrat de durée indéterminée : l’employé-e doit se tenir à disposition de son patron et ne peut refuser de travailler. Il/elle n’est payée que lorsqu’il/elle travaille effectivement, ses heures de « piquet » n’étant pas rémunérées. Par conséquent, l’employé-e ne peut savoir combien d’heures il/elle va travailler et combien il/elle touchera à la fin du mois; il/elle ne peut disposer de son temps « inoccupé », puisqu’il/elle doit être à même de répondre en tout temps à l’appel du patron.

Travail au noir 

Emploi exercé en l’absence d’un permis de travail, voire en l’absence de toute autorisation de séjour en Suisse (les « sans-papiers »).

Ces formes de rapports de travail précaires impliquent les conséquences socio-juridiques suivantes :

  • Le montant du salaire mensuel n’est jamais garanti et peut ne pas suffire pour couvrir les besoins financiers du travailleur/de la travailleuse et de sa famille.
  • Impossibilité de se constituer une prévoyance sociale pour ses « vieux jours », en raison des cotisations lacunaires dans le temps et dans le montant (l’affiliation à la LPP n’est obligatoire que si le salaire annuel se monte au moins à FS. 24’720.–).
  • Assurance maternité : la travailleuse n’y aura droit que si elle a cotisé durant les 3 mois précédant son accouchement. Mais ce n’est le cas que si elle a eu un revenu !
  • Respect difficile, voire inexistant des dispositions légales sur les délais de congé.
  • Impossibilité d’avoir une vision à long terme, notamment sur les perspectives de carrière professionnelle.
  • Accès limité au perfectionnement professionnel.
  • Position sociale marginale au sein de l’entreprise, les travailleurs/travailleuses étant en quelque sorte considéré-e-s comme des « venant ensuite » par leurs supérieurs et collègues au bénéfice de conditions de travail plus stables.
  • Difficultés à concilier vie de famille et activité professionnelle.
  • Pour les employé-e-s « au noir » : aucune protection légale qui puisse être revendiquée (même si elle existe !), par peur de se faire « attraper ».

 

01.05.2002 / A.P.