« Revenir

Elinor Ostrom, la reine de l’économie humaine

Le prix Nobel d’économie a été décerné en 2009 à Olivier Williamson et Elinor Ostrom, une femme soit dit en passant. La première à recevoir cette distinction dans ce domaine.

Mais qui est donc Madame Ostrom ?

C’est une politologue, professeure à l’université d’Indiana, éminente chercheuse. Mais c’est aussi une femme qui a l’air bien sympathique, vous ne trouvez pas ?

Et quel est son concept ?

Selon le comité du Nobel, elle a «démontré comment les co-propriétés peuvent être efficacement gérées par des associations d’usagers». En se basant sur des exemples concrets liés à la sauce théorique, elle a prouvéqu’un collectif d’hommes et de femmes associé-e-s en égaux-ales gèrent beaucoup mieux une ressource commune à l’avantage de tous et toutes (par exemple l’eau), que l’administration publique ou qu’une entreprise capitaliste privée. Et ceci est valable aussi bien dans des pays pauvres que dans la riche Californie. Elinor Ostrom défend donc la propriété collective, sous forme de co-propriété et co-gestion réglementée.

Ce système de coopérative nommé «la 3ème voie», ni entreprise capitaliste, ni Etat, serait la voie royale pour une économie humaine : les biens communs bénéficient au plus grand nombre et l’économie en sort renforcée.
Madame Ostrom trouve aussi qu’un large accès à l’information est très important (et ce n’est pas moi, bibliothécaire, qui vous dirait le contraire… Décidemment, cette femme a tout pour plaire), et selon elle cela devrait passer par un assouplissement de la propriété intellectuelle pour un meilleur partage de l’information, notamment via Internet.

En tous cas, à F-Information, l’efficacité de la gestion commune et associative et les bienfaits de la diffusion de l’information, on les constate tous les jours ! Nous espérons que les hautes sphères seront bientôt également convaincues que le système coopératif et associatif est le meilleur pour renforcer une économie 
décadente.

En tout cas, le fait que ces Messieurs du comité du Nobel aient choisi (enfin) une femme, qui de plus prône une économie alternative et durable, et ceci dans la situation de crise que l’on sait, hé bien je trouve cela extrêmement encourageant ! 

Je vous le dis, les femmes sauveront la planète (pour autant que les hommes veuillent bien le reconnaître).

Si vous lisez l’anglais, voici son livre-phare «Governing the Commons : the evolution of institutions for collective action», University Press Cambridge, 1990

 

I.B. / 19.01.2010