Dossiers VOI(X)ES
LE RESI-F - TEMOIGNAGES
Témoignages de deux de nos membres?.
Thérèse et Christine
Thérèse et Christine
A F-Information, existe un réseau interculturel d'échanges entre femmes suissesses et femmes étrangères, le RESI-F.
Ce réseau existe depuis l'automne 1994, et j'ai eu la chance de le connaître par l'intermédiaire d'une Pasteure, qui était aumônière à l'Agora. Elle nous rendait visite à Collex-Bossy, qui était un foyer pour requérant-e-s d'asile. Je l'appréciais beaucoup. Elle m'appréciait aussi. Un jour elle me dit: "Je veux te montrer un lieu de rencontre qui te fera plaisir".
Elle m'amena à F-Information à la rencontre du RESI-F. J'étais surprise d'y rencontrer ces femmes suissesses, si gentilles, acceuillantes et surtout qui m'accueillirent comme une amie. Elles m'écoutaient avec beaucoup d'attention et partageaient mes émotions, mes soucis et préoccupations. Surtout elles voulaient bien connaître mon pays d'origine. Je venais régulièrement dans ces rencontres. C'était un lieu de vie pour moi et je me suis fait des amies.
J'y ai même fait un stage au sein du Rési-F pour le secrétariat/administration en vue de renforcer mes connaissances en informatique et faire connaître le réseau. J'ai beaucoup appris parce que je recevais des informations utiles pour m'intégrer et m'adapter dans le milieu du travail en Suisse. Cela m'a porté chance, parce qu'au bout de mon stage j'avais trouvé du travail dans ma profession d'origine à l'Eglise catholique romaine. Je continuais à participer au réseau.
Mais depuis deux ans, j'y participe moins à cause du travail. Je me sens toujours membre et j'y tiens. J'ai toujours des amies que je rencontre de temps en temps. Le RESI-F reste pour moi un lieu de rencontres, d'accueil, d'écoute, de partage, d'échanges des différentes connaissances et richesses culturelles très importantes pour vivre en communauté et en collaboration avec d'autres.
C'est un lieu d'informations et de formation :
- pour les femmes suisses qui apprennent à connaître mieux les femmes qui viennent d'autres pays;
- pour les femmes étrangères qui apprennent à connaître les femmes suisses, à s'adapter et bien s'intégrer en Suisse...
C'est un espace à maintenir, à élargir si possible, à faire connaître parce qu'il s'y passe des choses très importantes et intéressantes pour des bonnes relations entre personnes, surtout les femmes; et la bonne marche de la société.
Thérèse
---------------------------------------------
Modeste hommage à F-Information, et à toutes celles qui y collaborent
Je me souviens lorsque j'ai franchi pour la première fois la porte de F-Info. C'était il y a 10 ans.
A cette époque, l'association occupait encore ses anciens locaux de la Madeleine. J'étais arrivée un peu en avance - pour être sûre de ne pas être en retard - et la personne avec laquelle j'avais rendez-vous était encore au téléphone. Je me souviens avoir regretté d'être venue: peut-être allais-je déranger avec mes histoires ?
Pour me donner une contenance, j'ai parcouru différentes brochures parlant du droit des femmes et me suis rendue compte à quel point ce sujet paraissait d'actualité. Puis ça a été mon tour.
La personne m'a conduite dans une autre pièce, a fermé la porte, nous nous sommes installées à une grande table et elle m'a écoutée. J'ai été touchée par ces marques d'intérêt et me suis soudain sentie prise très au sérieux. Et plus je parlais, plus je me sentais digne: en effet, je n'étais pas regardée comme une extra-terrestre - malgré que je me trouve "réfugiée" dans ma propre ville, sans toit ni rien, avec deux très jeunes enfants à charge.
Au contraire, la personne semblait prendre très à cœur ce que je lui confiais et cherchait avec beaucoup de sérieux la meilleure manière de m'aider. Je découvrais sans le savoir la Solidarité, cette attitude si particulière qui fait que l'on se sente proche d'une personnes que l'on ne connaît pas - juste par le fait qu'elle soit... un être humain comme nous, tout simplement. Et ça fait tellement de bien lorsque nous nous sentons perdues !
A cette époque, mes demandes étaient très terre à terre: comment m'inscrire au chômage, trouver un logement, un travail, comment réorganiser ma vie de mère seule et où obtenir les aides spécifiques dont j'avais besoin. Grâce à ces démarches concrètes, F-Info m'a donné cette impulsion qui permet de "relancer la machine" et continuer, tout simplement ! Dix ans après, cette période me semble aussi lointaine que la préhistoire !
J'ai trouvé un travail puis un appartement (c'est lié !) et ai pu entreprendre une formation en cours d'emploi par la suite. En 1999, un changement d'orientation professionnelle s'est avéré nécessaire. J'ai donc entrepris un "bilan-portfolio de compétences", démarche effectuée en groupe et qui a été une sorte de deuxième tremplin!
Aujourd'hui, je me lance dans le domaine qui me correspond le mieux: les spectacles pour jeunes et moins jeunes. Quant à mes fils, ils ont grandi en traversant toutes ces tempêtes. Ils ont maintenant 11 1/2 et 13 ans et ce sont de chouettes garçons ! Puisse ce témoignage encourager les personnes se trouvant actuellement face à un mur, avec cette terrifiante impression que tout est détruit. En effet, la roue tourne pour chacun-e de nous et nous avons tous et toutes en nous la Force nécessaire pour y survivre ! Pendant ces moments difficiles, il est particulièrement important de ne pas rester isolé et de s'appuyer sur des associations et des personnes sincèrement désintéressées et solidaires. Elles sont de réelles bouées de sauvetage. Et je leur en suis infiniment reconnaissante.
Christine
Ce réseau existe depuis l'automne 1994, et j'ai eu la chance de le connaître par l'intermédiaire d'une Pasteure, qui était aumônière à l'Agora. Elle nous rendait visite à Collex-Bossy, qui était un foyer pour requérant-e-s d'asile. Je l'appréciais beaucoup. Elle m'appréciait aussi. Un jour elle me dit: "Je veux te montrer un lieu de rencontre qui te fera plaisir".
Elle m'amena à F-Information à la rencontre du RESI-F. J'étais surprise d'y rencontrer ces femmes suissesses, si gentilles, acceuillantes et surtout qui m'accueillirent comme une amie. Elles m'écoutaient avec beaucoup d'attention et partageaient mes émotions, mes soucis et préoccupations. Surtout elles voulaient bien connaître mon pays d'origine. Je venais régulièrement dans ces rencontres. C'était un lieu de vie pour moi et je me suis fait des amies.
J'y ai même fait un stage au sein du Rési-F pour le secrétariat/administration en vue de renforcer mes connaissances en informatique et faire connaître le réseau. J'ai beaucoup appris parce que je recevais des informations utiles pour m'intégrer et m'adapter dans le milieu du travail en Suisse. Cela m'a porté chance, parce qu'au bout de mon stage j'avais trouvé du travail dans ma profession d'origine à l'Eglise catholique romaine. Je continuais à participer au réseau.
Mais depuis deux ans, j'y participe moins à cause du travail. Je me sens toujours membre et j'y tiens. J'ai toujours des amies que je rencontre de temps en temps. Le RESI-F reste pour moi un lieu de rencontres, d'accueil, d'écoute, de partage, d'échanges des différentes connaissances et richesses culturelles très importantes pour vivre en communauté et en collaboration avec d'autres.
C'est un lieu d'informations et de formation :
- pour les femmes suisses qui apprennent à connaître mieux les femmes qui viennent d'autres pays;
- pour les femmes étrangères qui apprennent à connaître les femmes suisses, à s'adapter et bien s'intégrer en Suisse...
C'est un espace à maintenir, à élargir si possible, à faire connaître parce qu'il s'y passe des choses très importantes et intéressantes pour des bonnes relations entre personnes, surtout les femmes; et la bonne marche de la société.
Thérèse
---------------------------------------------
Modeste hommage à F-Information, et à toutes celles qui y collaborent
Je me souviens lorsque j'ai franchi pour la première fois la porte de F-Info. C'était il y a 10 ans.
A cette époque, l'association occupait encore ses anciens locaux de la Madeleine. J'étais arrivée un peu en avance - pour être sûre de ne pas être en retard - et la personne avec laquelle j'avais rendez-vous était encore au téléphone. Je me souviens avoir regretté d'être venue: peut-être allais-je déranger avec mes histoires ?
Pour me donner une contenance, j'ai parcouru différentes brochures parlant du droit des femmes et me suis rendue compte à quel point ce sujet paraissait d'actualité. Puis ça a été mon tour.
La personne m'a conduite dans une autre pièce, a fermé la porte, nous nous sommes installées à une grande table et elle m'a écoutée. J'ai été touchée par ces marques d'intérêt et me suis soudain sentie prise très au sérieux. Et plus je parlais, plus je me sentais digne: en effet, je n'étais pas regardée comme une extra-terrestre - malgré que je me trouve "réfugiée" dans ma propre ville, sans toit ni rien, avec deux très jeunes enfants à charge.
Au contraire, la personne semblait prendre très à cœur ce que je lui confiais et cherchait avec beaucoup de sérieux la meilleure manière de m'aider. Je découvrais sans le savoir la Solidarité, cette attitude si particulière qui fait que l'on se sente proche d'une personnes que l'on ne connaît pas - juste par le fait qu'elle soit... un être humain comme nous, tout simplement. Et ça fait tellement de bien lorsque nous nous sentons perdues !
A cette époque, mes demandes étaient très terre à terre: comment m'inscrire au chômage, trouver un logement, un travail, comment réorganiser ma vie de mère seule et où obtenir les aides spécifiques dont j'avais besoin. Grâce à ces démarches concrètes, F-Info m'a donné cette impulsion qui permet de "relancer la machine" et continuer, tout simplement ! Dix ans après, cette période me semble aussi lointaine que la préhistoire !
J'ai trouvé un travail puis un appartement (c'est lié !) et ai pu entreprendre une formation en cours d'emploi par la suite. En 1999, un changement d'orientation professionnelle s'est avéré nécessaire. J'ai donc entrepris un "bilan-portfolio de compétences", démarche effectuée en groupe et qui a été une sorte de deuxième tremplin!
Aujourd'hui, je me lance dans le domaine qui me correspond le mieux: les spectacles pour jeunes et moins jeunes. Quant à mes fils, ils ont grandi en traversant toutes ces tempêtes. Ils ont maintenant 11 1/2 et 13 ans et ce sont de chouettes garçons ! Puisse ce témoignage encourager les personnes se trouvant actuellement face à un mur, avec cette terrifiante impression que tout est détruit. En effet, la roue tourne pour chacun-e de nous et nous avons tous et toutes en nous la Force nécessaire pour y survivre ! Pendant ces moments difficiles, il est particulièrement important de ne pas rester isolé et de s'appuyer sur des associations et des personnes sincèrement désintéressées et solidaires. Elles sont de réelles bouées de sauvetage. Et je leur en suis infiniment reconnaissante.
Christine
Dans la même rubrique
