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SANDRINE SALERNO, CONSEILLERE MUNICIPALE - VILLE DE GENEVE
Mon engagement politique a débuté à l'Université. Je le dois, pour partie, à Martine Brunschwig Graf. A l'époque à la tête du Département de l'instruction publique, l'ancienne Conseillère d'Etat affichait la ferme résolution d'introduire des taxes universitaires. Membre de la Conférence universitaire des associations d'étudiant-e-s, j'y étais fermement opposée. Mon engagement au sein du parti socialiste et la décision de me présenter au Conseil municipal, je la dois, en partie à un ami. C'est à la suite d'une discussion avec lui que j'ai décidé de me présenter aux élections municipales de mars 1999. Sans trop y croire et contre toute attente, j'ai été élue. J'avais alors 27 ans. Depuis, la passion de la politique ne m'a pas quittée. Au côté de Manuel Tornare, le printemps prochain, je briguerai un siège à l'exécutif de la Ville de Genève.
C'est effectivement une discussion avec un ami d'origine chilienne qui m'a décidée à me présenter aux municipales de 1999. Selon cet ami, dès lors que l'on ne correspondait pas au profil type du genevois ou de la genevoise d'origine, il s'avérait difficile d'être élu-e, même sur les listes socialistes. Cette perception était partagée par bon nombre de personnes de la deuxième génération de migrant-e-s.

A cette époque, je travaillais au Centre de Contact Suisses-Immigrés, en tant que coordinatrice de l'association. J'étais donc particulièrement sensibilisée aux problématiques liées aux migrants et à leurs familles, aux enjeux relatifs à l'intégration et aux questions de participation. C'est certainement en partie pour cela et en lien avec mes propres origines, que le discours sur la difficulté à se faire élire m'a touchée et c'est essentiellement pour contrer ce constat que je me suis présentée ; pour rappeler, que Genève est une ville qui doit sa prospérité et sa richesse - économique mais également sociale et culturelle - à l'apport des populations qui y ont trouvé refuge ou qui s'y sont établies. Les immigré-e-s ou les réfugié-e-s d'hier sont les genevois-e-s d'aujourd'hui. Dès lors, quoi de plus normal, pour un ou une « secunda », que de se présenter aux élections ? Animée par cette certitude, je me suis lancée dans l'aventure… et j'ai été élue.

Je me souviens de l'émotion et de la fierté que j'ai ressenties le jour de la prestation de serment. Je me souviens également du doute qui m'habitait. La politique institutionnelle avec ses codes et ses règlements, est-ce vraiment pour moi ? Et la politique locale, celle que les mauvaises langues appellent la politique des abaissements de trottoirs et des bacs de géraniums ?

8 années ont passé depuis et la réponse est positive. Oui, la politique institutionnelle, j'aime ça. La politique à l'échelle de la commune, aussi.

En siégeant au Conseil municipal, j'ai découvert que les détracteurs-trices de la politique communale se trompent lorsqu'ils la dénigrent. Pour toute personne qui s'intéresse aux enjeux de proximité et au quotidien de celles et ceux qui vivent, travaillent et animent nos quartiers, la politique municipale peut s'avérer passionnante. A l'échelle d'une commune, c'est la possibilité concrète d'agir et de proposer des améliorations tangibles aux difficultés rencontrées par les habitant-e-s. C'est aussi l'opportunité de permettre à celles et ceux qui ont des projets, de les réaliser.

De manière générale, c'est avant tout proposer une vision de société et les valeurs qui devraient la guider. En effet, que le débat porte sur la création de places de crèches; sur le fonctionnement des ludothèques; sur le rôle des agents de sécurité municipale; sur des crédits de rénovation ou de construction d'immeubles; sur des infrastructures culturelles; sur des événements sportifs; sur le nombre de places de parkings dans un quartier ou sur l'utilité d'allouer des fonds à une association, la politique est en tout et partout, dans les sujets les plus graves mais également dans ceux apparemment plus banals. C'est certainement cela qui me plaît en politique. Le sentiment qu'en définitive aucune décision n'est anodine, ni à traiter à la légère. La conscience que toute mesure déploie ses effets sur des personnes et sur leur quotidien. La responsabilité d'y être attentive afin que l'intérêt collectif soit préservé et, au sein de la communauté, les individus, respectés.

Lorsque je m'attarde sur mon engagement au sein du Conseil, sur les textes que j'ai déposés ou co-signés - 236 objets à ce jour - sur les débats auxquels j'ai participé, sur les positions que j'ai défendues au nom des Socialistes, sur les rencontres que j'ai eu l'occasion de faire, je mesure la formidable aventure que cet engagement citoyen signifie, au quotidien, dans ma vie. Je réalise également tout ce que cette expérience m'amène en termes de connaissances supplémentaires et d'ouverture vers des domaines jusqu'alors inexplorés. Je me rends compte que je dispose de la possibilité, même restreinte, de contribuer à façonner une ville accueillante et ouverte qui garantisse à toutes et tous des conditions de vie décentes et respectueuses de l'environnement ; une ville où la multiculturalité est une ressource assumée ; une ville où l'on privilégie la rencontre et le dialogue, la solidarité et l'égalité.

Personnellement, j'aime croire qu'il n'y a pas de fatalité, que les choses évoluent et qu'un autre monde est possible. S'engager en politique, se mettre au service de sa commune et de la collectivité - ne serait-ce que pour un seul mandat - contribue à favoriser le changement. J'espère sincèrement que nous serons toujours plus nombreuses à vivre cette expérience. Nombreuses, car aujourd'hui encore ce sont majoritairement des hommes qui siègent dans les parlements et à la tête des exécutifs. Mais certainement qu'un jour prochain ….

Sandrine Salerno

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