Dossiers VOI(X)ES
JEUNES ADULTES AUJOURD'HUI
Interviews de deux jeunes femmes.
Ouendi est née à Genève en 1978 dans une famille de 4 enfants. Elle a eu une enfance plutôt difficile, parents divorcés, mère violente envers ses enfants, c'est pourquoi à l'âge de 9 ans jusqu'à ses 15 ans elle a été placée dans une institution avec 2 de ses sœurs. Son adolescence a également été perturbée et elle s'est retrouvée vers 18 ans sans foyer, sans but, sans savoir ce qu'elle allait faire de sa vie, jusqu'au jour où, à 20 ans, elle a rencontré "l'homme de sa vie". Ils ont maintenant 2 enfants de 2 ans 1/2 et 11 mois.
Comment avez-vous eu envie de reprendre des études ?
Je ne savais pas trop que faire mais j'ai eu la chance d'être suivie par un excellent assistant social qui m'a poussée, il m'a parlé de Voie-F et de la préformation "Première Marche". J'ai suivi cette pré-formation et j'ai trouvé ma voie, je veux être animatrice socio-culturelle.Quand j'ai commencé "Première Marche", j'étais plutôt timide, j'avais peur du jugement des autres mais je me suis vite sentie à l'aise du fait que c'était un petit groupe de femmes et que l'animatrice avait
précisé qu'ici il n'y avait pas de jugement. Après "Première Marche", j'ai fait une remise à niveau à l'UOG et actuellement je suis des cours du soir à l'Ecole de Culture Générale afin de pouvoir ensuite entrer à l'Institut d'Etudes Sociales et entreprendre ma formation d'animatrice socio-culturelle. Dès janvier je devrais commencer un stage de longue durée dans une maison de quartier. Ca représente beaucoup de travail mais je suis enthousiaste et je veux faire cette formation.
Comment voyez-vous l'égalité entre hommes et femmes dans votre vie privée et par rapport aux métiers dits "masculins" ou "féminins" ?
Dans le couple, nous nous sommes mis d'accord pour partager les tâches domestiques chacun selon ses désirs.En ce qui concerne les métiers, c'est une question qui me semble complètement dépassée, pour moi ça date d'avant-guerre. Si un métier "masculin" plaît à une femme, elle le fait, c'est tout. J'ai une amie qui est carrossière, c'est encore rare mais ça ne lui pose pas de problème.
Quelles sont vos priorités ?
Ma famille d'abord et ensuite ma formation. Ma formation c'est pour moi, pour mon équilibre personnel mais aussi pour ma famille, pour que mes enfants soient fiers de leur mère, je n'ai pas envie de reproduire le modèle maternel que j'ai eu. A plus long terme je souhaite créer une association en Afrique, d'où mon mari est originaire, pour aider les jeunes dans la formation et l'insertion professionnelle.
La situation internationale vous inquiète-t-elle ?
Oui elle m'inquiète. C'est la raison pour laquelle il faut faire quelque chose de positif, pour les autres, ne pas penser qu'à amasser le maximum d'argent ou de biens matériels. En ce qui me concerne je me contenterai du minimum vital et je donnerai le "surplus" à d'autres qui en ont besoin. J'espère que les événements actuels vont faire prendre conscience à une majorité de personnes qu'il faut changer, annuler la dette du tiers monde, développer plus la solidarité entre les peuples mais aussi de personne à personne, dans la vie de tous les jours.
Croyez-vous au Prince charmant ?
Je ne l'ai pas cherché mais je l'ai trouvé. Avant je n'y pensais tout simplement pas et "ça m'est tombé dessus". Nous avons beaucoup de points communs dans notre vécu donc nous nous comprenons bien et même si parfois nous avons des disputes, nous trouvons toujours une solution.
Aimeriez-vous ajouter quelque chose ?
Oui, j'aimerais dire que si on veut faire sa place, il faut se bouger car à 20 ans on a beaucoup de possibilités alors il faut foncer même dans les mauvais moments, ne pas déprimer et ne pas avoir peur de demander de l'aide. Son enfance on ne la choisit pas mais sa vie d'adulte oui, donc il faut assumer. Ce n'est pas toujours facile quand on n'a pas de modèle par exemple par rapport à l'éducation, aux maladies des enfants, etc. mais j'ai eu la chance d'avoir de bons relais comme entre autres l'assistant social.
LUCIE
Lucie a 22 ans et un grand frère. Née à Genève, elle a toujours vécu à Carouge. Elle a eu une enfance heureuse au sein d'une famille unie et a reçu la même éducation que son frère, y compris la participation aux travaux ménagers. Dans son milieu familial, les tâches éducatives ont toujours été partagées entre son père et sa mère. Depuis le 1er août 2001, elle a pris un appartement qu'elle partage avec son meilleur ami et la copine de celui-ci.
Quelle est votre position par rapport à l'égalité entre hommes et femmes ?
Personnellement ça me paraît logique et normal de considérer femmes et hommes sur un pied d'égalité. Les mentalités sont en cours de changement mais l'organisation de la société ne le permet pas encore vraiment. Les jeunes de mon âge ont un rôle à jouer car nous sommes la première génération à avoir bénéficié d'une éducation non-sexiste. Les valeurs transmises par les parents n'étaient pas les mêmes pour les hommes et les femmes avant 68. Au niveau professionnel "il faut de tout dans tout" car nous sommes différents et donc complémentaires.
Comment avez-vous fait le choix de votre formation ?
J'ai toujours eu envie de travailler dans le social, avec et pour les gens. Après 4 ans de multiples stages dans diverses structures sociales (foyer de jour pour personnes âgées, maisons de quartier, crèches, etc…) j'ai travaillé une année à plein temps comme caissière dans un supermarché, afin d'avoir une expérience professionnelle et également pouvoir financer mes futures études. Cette expérience m'a fait réaliser à quel point il était important d'exercer un métier que l'on aime. Actuellement je suis en première année de l'Ecole d'éducateurs-trices du jeune enfant car au cours de mes stages, j'ai découvert que j'avais beaucoup d'intérêt pour les petits enfants.
Quelles sont vos priorités dans la vie ?
Tout d'abord, terminer ma formation pour m'insérer rapidement sur le marché du travail afin de faire évoluer les mentalités dans ce métier, dans le sens pédagogique du terme, car ce secteur évolue rapidement et certains professionnels qui travaillent depuis plusieurs années ne remettent pas forcément en question leurs connaissances, ni eux-mêmes, leur savoir-être et savoir-faire. Deuxièmement profiter pleinement de la vie et de ma liberté actuelle.
La situation internationale vous inquiète-t-elle ?
Je suis plongée dans mes études, donc depuis plusieurs semaines, je ne suis pas l'actualité et je ne m'en porte pas plus mal car il y a toujours eu des guerres et ce sont toujours les mêmes classes sociales qui en font les frais.
Croyez-vous au prince charmant ?
Non, car cela sous-entend trop de passivité de la part de la femme.
Interviews réalisées par M.-C.R. et M.-C. M.
Comment avez-vous eu envie de reprendre des études ?
Je ne savais pas trop que faire mais j'ai eu la chance d'être suivie par un excellent assistant social qui m'a poussée, il m'a parlé de Voie-F et de la préformation "Première Marche". J'ai suivi cette pré-formation et j'ai trouvé ma voie, je veux être animatrice socio-culturelle.Quand j'ai commencé "Première Marche", j'étais plutôt timide, j'avais peur du jugement des autres mais je me suis vite sentie à l'aise du fait que c'était un petit groupe de femmes et que l'animatrice avait
précisé qu'ici il n'y avait pas de jugement. Après "Première Marche", j'ai fait une remise à niveau à l'UOG et actuellement je suis des cours du soir à l'Ecole de Culture Générale afin de pouvoir ensuite entrer à l'Institut d'Etudes Sociales et entreprendre ma formation d'animatrice socio-culturelle. Dès janvier je devrais commencer un stage de longue durée dans une maison de quartier. Ca représente beaucoup de travail mais je suis enthousiaste et je veux faire cette formation.
Comment voyez-vous l'égalité entre hommes et femmes dans votre vie privée et par rapport aux métiers dits "masculins" ou "féminins" ?
Dans le couple, nous nous sommes mis d'accord pour partager les tâches domestiques chacun selon ses désirs.En ce qui concerne les métiers, c'est une question qui me semble complètement dépassée, pour moi ça date d'avant-guerre. Si un métier "masculin" plaît à une femme, elle le fait, c'est tout. J'ai une amie qui est carrossière, c'est encore rare mais ça ne lui pose pas de problème.
Quelles sont vos priorités ?
Ma famille d'abord et ensuite ma formation. Ma formation c'est pour moi, pour mon équilibre personnel mais aussi pour ma famille, pour que mes enfants soient fiers de leur mère, je n'ai pas envie de reproduire le modèle maternel que j'ai eu. A plus long terme je souhaite créer une association en Afrique, d'où mon mari est originaire, pour aider les jeunes dans la formation et l'insertion professionnelle.
La situation internationale vous inquiète-t-elle ?
Oui elle m'inquiète. C'est la raison pour laquelle il faut faire quelque chose de positif, pour les autres, ne pas penser qu'à amasser le maximum d'argent ou de biens matériels. En ce qui me concerne je me contenterai du minimum vital et je donnerai le "surplus" à d'autres qui en ont besoin. J'espère que les événements actuels vont faire prendre conscience à une majorité de personnes qu'il faut changer, annuler la dette du tiers monde, développer plus la solidarité entre les peuples mais aussi de personne à personne, dans la vie de tous les jours.
Croyez-vous au Prince charmant ?
Je ne l'ai pas cherché mais je l'ai trouvé. Avant je n'y pensais tout simplement pas et "ça m'est tombé dessus". Nous avons beaucoup de points communs dans notre vécu donc nous nous comprenons bien et même si parfois nous avons des disputes, nous trouvons toujours une solution.
Aimeriez-vous ajouter quelque chose ?
Oui, j'aimerais dire que si on veut faire sa place, il faut se bouger car à 20 ans on a beaucoup de possibilités alors il faut foncer même dans les mauvais moments, ne pas déprimer et ne pas avoir peur de demander de l'aide. Son enfance on ne la choisit pas mais sa vie d'adulte oui, donc il faut assumer. Ce n'est pas toujours facile quand on n'a pas de modèle par exemple par rapport à l'éducation, aux maladies des enfants, etc. mais j'ai eu la chance d'avoir de bons relais comme entre autres l'assistant social.
LUCIE
Lucie a 22 ans et un grand frère. Née à Genève, elle a toujours vécu à Carouge. Elle a eu une enfance heureuse au sein d'une famille unie et a reçu la même éducation que son frère, y compris la participation aux travaux ménagers. Dans son milieu familial, les tâches éducatives ont toujours été partagées entre son père et sa mère. Depuis le 1er août 2001, elle a pris un appartement qu'elle partage avec son meilleur ami et la copine de celui-ci.
Quelle est votre position par rapport à l'égalité entre hommes et femmes ?
Personnellement ça me paraît logique et normal de considérer femmes et hommes sur un pied d'égalité. Les mentalités sont en cours de changement mais l'organisation de la société ne le permet pas encore vraiment. Les jeunes de mon âge ont un rôle à jouer car nous sommes la première génération à avoir bénéficié d'une éducation non-sexiste. Les valeurs transmises par les parents n'étaient pas les mêmes pour les hommes et les femmes avant 68. Au niveau professionnel "il faut de tout dans tout" car nous sommes différents et donc complémentaires.
Comment avez-vous fait le choix de votre formation ?
J'ai toujours eu envie de travailler dans le social, avec et pour les gens. Après 4 ans de multiples stages dans diverses structures sociales (foyer de jour pour personnes âgées, maisons de quartier, crèches, etc…) j'ai travaillé une année à plein temps comme caissière dans un supermarché, afin d'avoir une expérience professionnelle et également pouvoir financer mes futures études. Cette expérience m'a fait réaliser à quel point il était important d'exercer un métier que l'on aime. Actuellement je suis en première année de l'Ecole d'éducateurs-trices du jeune enfant car au cours de mes stages, j'ai découvert que j'avais beaucoup d'intérêt pour les petits enfants.
Quelles sont vos priorités dans la vie ?
Tout d'abord, terminer ma formation pour m'insérer rapidement sur le marché du travail afin de faire évoluer les mentalités dans ce métier, dans le sens pédagogique du terme, car ce secteur évolue rapidement et certains professionnels qui travaillent depuis plusieurs années ne remettent pas forcément en question leurs connaissances, ni eux-mêmes, leur savoir-être et savoir-faire. Deuxièmement profiter pleinement de la vie et de ma liberté actuelle.
La situation internationale vous inquiète-t-elle ?
Je suis plongée dans mes études, donc depuis plusieurs semaines, je ne suis pas l'actualité et je ne m'en porte pas plus mal car il y a toujours eu des guerres et ce sont toujours les mêmes classes sociales qui en font les frais.
Croyez-vous au prince charmant ?
Non, car cela sous-entend trop de passivité de la part de la femme.
Interviews réalisées par M.-C.R. et M.-C. M.
Dans la même rubrique
