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LES FEMMES ET LA PRECARITE DE L'EMPLOI
Quelques exemples de travail précaire
Elle possède un diplôme de nurse et travaille dans une famille aisée en qualité de "nounou" pour enfants d'âge scolaire. Même si dans les faits, elle travaille de manière régulière, ses patrons ne souhaitent pas lui octroyer un contrat de travail indéterminé : son contrat commence à la fin d'une période de vacances scolaires pour se terminer la veille de nouvelles vacances et ainsi de suite.

Ce qui signifie que Nathalie n'est jamais payée pour ses jours de vacances (même celles auxquelles elle aurait droit d'après la loi). Par exemple, durant les 2 mois de vacances d'été, la jeune femme ne touche aucune rémunération, bien que son loyer, son assurance maladie, ses impôts, sa nourriture,... ne prennent, eux, aucun congé !

En outre, lorsqu'elle est malade, Nathalie ne touche pas non plus son salaire, sous prétexte que son contrat s'est arrêté le jour avant son absence et qu'un nouveau contrat recommencera des son retour.

Nathalie sait que cette situation n'est pas légale, mais elle n'ose pas aborder le sujet avec ses patrons.

Elle a entendu parler de la juridiction des Prud'hommes, mais pense que si elle se lance dans une telle démarche, elle sera "grillée" sur le marché de l'emploi. Enfin, très dévouée aux enfants dont elle s'occupe, elle craint de les perturber si elle devait quitter son emploi.



Rachel travaille sur appel

en qualité de vendeuse dans une boutique de vêtements. Elle est âgée de 45 ans et élève seule ses 3 enfants mineurs.Elle ne bénéficie pas d'heures de travail hebdomadaires assurées et travaille sur appel : elle est chargée de remplacer au pied levé une collègue absente ou peut être amenée à se rendre au magasin lorsque, par exemple, un important stock de marchandises arrive et que ses collègues n'ont pas le temps de le prendre en charge parallèlement à leur activité de conseil à la clientèle.

Rachel ne sait jamais à l'avance quand elle va être appelée, ce qui entraîne des soucis d'organisation pour faire garder ses enfants à la derni?re minute.

Elle ne sait pas non plus combien elle recevra à la fin du mois, puisque seules ses heures de travail effectif sont rémunérées. Certains mois, elle parvient, tout juste, à subvenir aux besoins de sa famille, d'autres mois, non.
Cette situation lui crée beaucoup de soucis, beaucoup d'insécurité.


L'histoire de Maria M.*

Au Mexique, Maria M. a étudié la psychologie pédagogique. Elle est venue en Suisse pour vivre dans une famille et travailler. Elle espérait pouvoir aider sa famille financi?rement et que la connaissance des langues étrangères augmenterait par la suite ses chances sur le marché du travail au Mexique.

"Mais ça n'a pas duré longtemps, jusqu'à ce que mon premier salaire ne soit pas payé. Lorsque j'ai demandé ce qui se passait avec mon salaire, la dame est devenue furieuse comme si je l'avais insultée. Elle m'a engueulée et insultée. Elle a dit qu'elle me payerait, ce que je pensais aussi. Ensuite, elle m'a donné la moitié de mon salaire et m'a dit que j'aurai le reste plus tard puisque mon voyage lui avait causé beaucoup de dépenses. Ce n'est pas ce qui avait été convenu. Je ne devais donc recevoir que la moitié de mon salaire et, avec l'autre moitié, elle voulait payer mes dépenses de voyage. Je lui ai dit que je n'étais pas d'accord et que je voulais repartir au Mexique. A partir de là, elle a commenc à totalement m'exploiter. Tout d'abord, elle m'a pris mes papiers: mon passeport et mon acte de naissance. Même mes diplômes que j'avais avec moi. Elle m'avait tout pris. Je n'avais plus aucun papier. Je n'avais plus d'argent non plus puisqu'elle ne me donnait plus rien. Le peu que j'avais, je l'avais dépensé pour le plus important: subsister."

Les voisins ont remarqué Maria M. et lui ont posé des questions sur son statut de séjour. C'est pourquoi ses employeurs l'ont mariée à un Suisse.

"Elle me battait, les enfants me battaient, l'homme me battait. C'était épouvantable. Le travail ne prenait jamais fin, jamais. En fait, j'aurais dû avoir une heure de pause mais je ne l'ai jamais eue. Elle a commencé à compter les minutes pendant lesquelles j'avais le droit de m'asseoir pour manger. Pour le déjeuner, j'avais droit à 10 minutes, contrôlées sur l'horloge. Je n'avais le temps de prendre mon petit déjeuner que si je me levais plus tôt. En ce qui concerne le dîner, je ne pouvais me présenter dans la cuisine que lorsque les enfants dormaient, pas avant. Je n'avais absolument aucun droit."

Finalement, Maria M. A réussi àprendre contact avec lÕinstitutrice de maternelle d'un des enfants. Elle a pu vivre quelques temps chez elle après avoir fui de la maison de ses employeurs.

*Extrait de la brochure "Illégales mais indispensables" Zditée par le FIZ-Centre dÕinformation pour femmes à Zurich.

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