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Viviana Elisa DIAZ CARO
Ce portrait fait partie du livre "1000 femmes pour la paix"

Depuis 1976, lorsque son père a été enlevé par les forces armées chiliennes, Viviana Diaz n’a jamais cessé de le chercher. Avec l’Association des parents de prisonniers politiques disparus, elle a brisé le mur du silence qui essayait de cacher les faits au monde et à la conscience de la société chilienne. Ses demandes constantes et ses protestations ont sauvé des vies innombrables des griffes de la dictature chilienne. Son combat pour la justice a atteint son point culminant avec la capture du général Pinochet, à Londres, en 1998.

«Le 11 novembre 1973, le jour du coup d’état conduit par le général Augusto Pinochet, ma vie changea à tout jamais. Ce matin-là, mon père quitta la maison et ne revint jamais. J’avais 22 ans.» se souvient Viviana Diaz. En 1976, Victor « El Chino » Diaz qui était sous-secrétaire du parti communiste, vivait clandestinement, loin de sa famille bien-aimée, quand il fut enlevé par force de l’endroit où il était refugié. «À partir de ce moment-là, une recherche commença qui n’est pas encore terminée » En questionnant sur le lieu où se trouvait son père, Viviana découvrit d’autres familles dans la même situation et elle rejoignit l’Association des parents de prisonniers politiques disparus (Afdd). «Notre but était de trouver où ils étaient détenus et de sauver leur vie.»

«Les représentants du gouvernement chilien ont nié, à la fois à la famille et au monde extérieur, l’existence de personnes torturées et disparues.» L’Afdd commença sans répit une campagne de protestation, pendant laquelle les femmes s’enchaînèrent aux portes des Ministères, commencèrent d’innombrables grèves de la faim et allèrent même aux Nations Unies. «Bien qu’il y ait eu un moment où nous avons compris que nos bien-aimés étaient morts, la mobilisation constante nous a permis de sauver d’autres vies et a forcé la dictature à modifier sa stratégie répressive.» La dictature s’est terminée en 1990. Dix années plus tard, le général Pinochet était capturé à Londres et extradé au Chili pour être jugé selon un engagement pris envers la communauté internationale. Le processus est encore en cours ainsi que la poursuite judiciaire concernant 300 autres personnes tenues responsables pour les exterminations. «En 2001, l’Armée a transmis des informations sur 175 des 1197 prisonniers qui avaient disparu. Ils ont établi que mon père avait été jeté dans la mer. Qu’est-il advenu des autres ? Nous savons que cette information existe. Le fait de savoir la vérité est une condition indispensable pour reconstruire la dignité et la paix pour l’avenir du Chili.»

Avec le coup d’état en 1973, les forces armées conduites par Augusto Pinochet ont entamé une campagne massive pour arrêter des personnes qui disparurent par la suite. Leur arrestation, leur torture et leur meurtre ont été systématiquement niés en dépit des demandes incessantes, des protestations des familles et de l’indignation internationale.


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