Henriette RATH
1773 – 1856
Jeanne-Henriette Rath donna son nom au musée de la place Neuve dont elle assura la construction entre 1824 et 1826 grâce à un legs de son frère Simon Rath. Mais elle fut elle-même une artiste. Née dans une famille protestante originaire de Nîmes, réfugiée à Genève en 1666, elle travailla très tôt le dessin puis le portrait en miniature. Afin de perfectionner son art, elle décida de se rendre à Paris pour étudier avec le peintre Isabey. Mais au bout d’une année, elle est obligée de rentrer à Genève en raison des affaires désastreuses de son père.
A son retour à Genève, elle s’associe avec d’autres artistes femmes pour s’occuper de l’Académie des jeunes filles de la Société des Arts. Son talent et son excellente influence font qu’elle sera nommée associée honoraire en 1801. Il est à noter qu’à cette époque, seuls les hommes pouvaient être à la tête d’une institution qui concernait les femmes.
A plusieurs reprises elle retournera à Paris pour présenter ses œuvres : émaux, copies, portraits et miniatures. Elle séjournera aussi en Russie pour retrouver son frère, lieutenant général de l’armée du tsar. Elle gagne bien sa vie, ce qui pour une femme n’était pas très courant.
Lorsque son frère revient à Genève et meurt, il lègue à ses deux sœurs une somme importante qu’elles doivent utiliser pour «créer quelque chose d’utile à son pays et qui portera son nom». L’idée d’un musée s’impose car les milieux cultivés genevois y songeaient et Napoléon avait fait don d’un lot de tableaux. Il fallait donc leur trouver un lieu pour les montrer au public. C’est ainsi que le musée Rath verra le jour et sera inauguré en 1826. Henriette et sa sœur viendront habiter à proximité.
Henriette, en artiste reconnue, participa à de nombreux salons à Genève et Zurich. Une dizaine de portraits sont visibles aujourd’hui au Musée d’art et d’histoire. Elle se consacra principalement aux petits formats et à la miniature. Sans doute la place qui était réservée aux femmes artistes de l’époque la cantonna dans ce type d’œuvres et ne lui permirent pas de s’intéresser à d’autres formes de peinture.Dans la même rubrique
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