Marie Goegg-Pouchoulin est née à Genève en 1826, d’une famille d’origine huguenote réfugiée à Genève après la révocation de l’Edit de Nantes en 1685. A 19 ans elle épouse Marc Antoine Mercier sans grand enthousiasme. Un fils naîtra de cette union. Sa vie ne la satisfait guère et c’est lors des révolutions de 1848 qu’elle trouvera sa voie.
Suite à ces révolutions, de nombreux révolutionnaires trouvèrent refuge à Genève, en particulier chez les Pouchoulin. Au contact de ces hommes, elle se familiarisa avec les idées socialistes et surtout elle fit la connaissance d’Amand Goegg dont elle tomba amoureuse. Elle quitta son mari en 1850 et chercha à divorcer, ce qui n’était pas courant à l’époque. Elle n’obtint satisfaction qu’en 1856 et épousa Amand Goegg avec qui elle aura deux enfants.
Avec Amand Goegg, elle participa à la fondation de la Ligue internationale de la paix et de la liberté. Une revue fut publiée, Les Etats-Unis d’Europe dans laquelle, chose inhabituelle, des femmes purent écrire des articles sur des sujets tels que la liberté de pensée, le progrès social, l’éducation, etc. Marie Goegg-Pouchoulin était membre du comité de rédaction et elle publia en 1868 un appel pour la création d’une Association internationale des femmes (AIF). Son appel fut entendu par six femmes dont deux Genevoises, Marie Faucon et Mathilde Champrenaud. Avec celles-ci Marie créa l’Association internationale des femmes en 1868, premier mouvement féministe en Suisse. Le but était d’aider les hommes à promouvoir la paix et de travailler à l’amélioration de la condition féminine.
Lors du second congrès de la Ligue internationale pour la paix et la liberté en 1868, Marie Goegg-Pouchoulin prit la parole au nom de l’AIF et défendit ses idées féministes qui furent acceptées. L’année suivante elle créa la première revue féministe suisse Le journal des femmes. Mais la guerre de 1870 mit fin provisoirement à ses activités.
Dès 1871 elle collabora avec Joséphine Butler qui luttait contre la prostitution en Angleterre. Grâce à elles deux, l’AIF fut réactivée en 1872 avec la collaboration d’une quinzaine de féministes sous le nom de Solidarité. Leur but était de traiter des questions relatives à l’émancipation féminine.
A Genève elle obtint des victoires : le droit pour les jeunes filles d’accéder à l’Université de Genève, puis l’abolition de la mise sous tutelle des femmes veuves ou célibataires.
En 1880, Solidarité est dissous et Marie doit trouver des ressources pour vivre : son mari est parti pour une série de conférences en Australie avec une partie de l’argent de Marie… Il ne reviendra jamais. En 1886 elle est élue au Conseil administratif de la Fédération abolitionniste internationale créée par Joséphine Butler. En 1894 elle devint la vice-présidente de l’Union des femmes et en 1896 elle participa à l’organisation du premier Congrès des intérêts féminins. Elle mourut en 1899.
Marie fut une pionnière pour son époque : fondatrice du premier mouvement féministe en Suisse, première femme à s’exprimer en public elle sut mettre en avant la question de l’oppression des femmes et ouvrir la voie aux mouvements féministesDans la même rubrique
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