Née de mère genevoise et de père français Camille Vidart fit des études de français à l’Université de Lyon ce qui lui permit de devenir enseignante, d’abord à Genève puis à Zürich. C’est grâce à son nom, qui fut prit pour celui d’un garçon, qu’elle obtint le poste de maîtresse principale. Pendant ce séjour elle traduisit Heidi en français après avoir rencontré l’auteure.
De retour à Genève en 1891, elle participa avec 90 femmes à la fondation de L’Union des femmes de Genève (UdF) dont les buts étaient de développer la solidarité et l’avancement sur le plan moral, intellectuel et matériel. En 1898 elle en devint présidente pour quatre ans.
L’exposition nationale de 1896 fut l’occasion pour Camille Vidart d’organiser le premier Congrès suisse des intérêts féminins. Par la suite elle chercha à unifier les différentes associations féministes et ses efforts aboutirent à la création de l’Alliance des sociétés féminines suisses (ASF).
Auguste de Morsier, fils de la féministe Emilie de Morsier, fonda en 1907 en compagnie de Camille Vidart et de quelques autres l’Association genevoise pour le suffrage féminin. Un mensuel suffragiste fut créée en 1912 à l’instigation de Camille qui fit partie du comité de rédaction durant dix-huit ans.
Son action se dirigea aussi dans d’autres directions : ouverture d’un restaurant pour ouvrières, mise à disposition de logements pour les femmes seules et pauvres, participation à de nombreuses associations, etc.
Ses différentes activités - secrétaire du Conseil international des femmes et membre de la Fédération abolitionniste internationale – lui permirent de voyager. Elle n’en continua pas moins à s’intéresser à l’éducation et participa à la fondation du Bureau international de l’éducation en 1925. Elle fut aussi membre fondatrice de la section genevoise de la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté.
Mais le succès ne fut pas toujours au rendez-vous : le suffrage féminin ne fut pas voté de son vivant (il fallut attendre 1971 !) et progressivement ses compagnes de lutte disparurent. Elle sombra dans une grave dépression et mourut en 1930.
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