Dossiers VOI(X)ES
PAROLES DE PERES
Nous avons posé 2 questions à un certain nombre de pères :
- Que signifie pour vous "être père" ?
- Avez-vous le sentiment que quelque chose vous manque pour réaliser votre paternité ?
- Que signifie pour vous "être père" ?
- Avez-vous le sentiment que quelque chose vous manque pour réaliser votre paternité ?
Nous avons posé deux questions à un certain nombre de pères, en leur demandant d'y répondre le plus brièvement possible.
Les questions étaient :
1) Que signifie pour vous "être père" ?
2) Avez-vous le sentiment que quelque chose vous manque pour réaliser votre paternité ?
Voilà ce qu'ils en disent :
1) Etre père pour moi c'est faire découvrir le maximum de choses à mes enfants; c'est leur montrer aussi les limites, leur inculquer le savoir-vivre, le respect, l'honnêteté, la franchise… C'est enfin les guider jusqu'à l'indépendance.
2) Oui, c'est le temps qui me manque, mais pas n'importe quel temps ! Le temps pour jouer, vraiment, et pas entre un repas qui cuit et un bain à donner avant telle heure, pas entre l'aspirateur à passer et les courses. C'est cela qui me manque surtout ! J'aimerais aussi qu'elles n'aient pas à suivre notre rythme de vie mais plutôt que ce soit moi qui les accompagne dans leur rythme à elles !
Jérôme, deux filles de 5 ans et demi et 3 ans, travaille à 100 %.
1) Etre père, pour moi, c'est essayer d'être un modèle, une référence, un exemple pour mes enfants. C'est aussi être une sécurité pour eux; qu'ils puissent revenir à n'importe quel moment, quand ils en ont besoin, et que je puisse les aider, autant sur le plan moral que matériel. Etre père c'est être présent même quand on n'est pas physiquement présent, et représenter aussi l'autorité, leur donner des limites, s'opposer à certains de leurs comportements.
2) Il m'a surtout manqué de temps pour apprécier leur petite enfance… j'étais très absent, je n'ai pas assez profité de ces années-là… j'ai le sentiment que je n'ai pas tenu mon rôle de père à cause de mes absences pour le travail… Et je n'ai pas assez communiqué avec eux, je ne leur ai pas dit… un certain nombre de choses… comme par exemple que je les aime… Oui, j'ai de la peine à leur dire que je les aime, cela me paraît difficile, alors que je voudrais tellement le faire … J'ai l'impression que mon rôle n'est pas complet, fini. Mais je suis toujours à leur disposition pour les aider, autant moralement que financièrement…
J.-P., deux garçons et une fille adultes et une adolescente de 17 ans et demi, grand-père d'une petite fille de 4 ans. Retraité.
1) Etre père, c'est… un profond bonheur d'être à 50 % l'architecte de ce qui fait le soleil de ma vie (même si parfois j'aimerais être célibataire et sans enfant)… le souvenir impérissable, émerveillé et indéfinissable de l'arrivée de "l'autre" au sortir du ventre de sa mère… si mes enfants étaient mal formés, idiots ou voyous penserais-je la même chose ? Je ne sais pas… Si, quand même !!
2) Non, et si quelque chose me manquait, je ne m'en rends pas compte et c'est très bien ainsi !!
Carlo, un garçon adulte, une fille de 17 ans et demi et un garçon de 14 ans. Travaille à 100 %.
Père de deux enfants de 3 ans et 5 mois, 35 ans. Prend pour la deuxième fois un congé de paternité de trois mois étalé sur une plus longue période. Travaille à 80 %."Au moment de la naissance de mes enfants, au-delà de la grande émotion, je me suis senti investi d'une grande responsabilité. Je n'avais qu'un souhait c'est d'avoir assez de temps pour m'occuper de mon enfant. Même avant la naissance cela me prenait déjà du temps de vivre cette attente avec mon épouse. Ce temps je l'ai trouvé et je l'ai encore. Je m'occupe beaucoup de mes enfants à tous les niveaux et je peux dire qu'avec ma femme nous sommes interchangeables. Je sens une grande impatience de les voir grandir. Avoir des enfants me donne le plaisir de perpétuer une famille, le clan. J'ai beaucoup de plaisir à m'occuper de mes enfants.
La relation se construit jour après jour. Je refuse de
travailler plus pendant encore pas mal d'années à
cause des enfants."
Père de trois enfants, entre 6 mois et 7 ans, 37 ans.
A pris trois fois un congé paternité de trois mois,
travaille à 70 %.
"Avant la naissance, la paternité restait quelque chose d'abstrait. Au moment de la naissance de mes trois enfants, j'ai été submergé par une immense émotion, j'avais les larmes aux yeux. J'avais à chaque fois peur que le lien avec mon enfant ne se fasse pas mais en m'occupant de lui dès les premier jour ce lien s'est construit en quelques mois, l'attachement se fait petit à petit des deux côtés. J'ai trouvé que le congé paternité était indispensable pour que le lien puisse se faire bien et dès le début. M'occuper de mes enfants me procure beaucoup de plaisir. J'ai la crainte de ne pas avoir assez de temps pour chaque enfant. La paternité a changé les rapports avec mes propres parents qui m'ont enfin considéré comme adulte."
Père de deux enfants de 11 et 8 ans, 57 ans.
"Etre père c'est un nouvel état. Qui s'accompagne d'un sentiment de joie, de plaisir, d'être un maillon dans la transmission générationnelle. Cela donne un sens à ma vie. Etre père c'est aussi une fonction qui implique des choses à faire et des responsabilités à prendre. J'ai un rôle spécifique à tenir. Avoir des enfants aide à vieillir car quelque chose de moi va continuer à exister après ma mort. Ce qui m'a manqué et me manque encore : des modèles de père fiable, des modèles actuels différents de ce que la société propose aujourd'hui (l'homme consommateur et adolescent). Ce qui me manque encore : les groupes de pères-pairs, du temps pour exercer ma fonction de père dans la vie de tous les jours, une idée suffisamment claire sur l'éducation à donner en fonction du monde à venir. Le rôle de père est en lien avec le rôle d'homme qui est en mutation et il n'est pas toujours facile de se positionner.
Les questions étaient :
1) Que signifie pour vous "être père" ?
2) Avez-vous le sentiment que quelque chose vous manque pour réaliser votre paternité ?
Voilà ce qu'ils en disent :
1) Etre père pour moi c'est faire découvrir le maximum de choses à mes enfants; c'est leur montrer aussi les limites, leur inculquer le savoir-vivre, le respect, l'honnêteté, la franchise… C'est enfin les guider jusqu'à l'indépendance.
2) Oui, c'est le temps qui me manque, mais pas n'importe quel temps ! Le temps pour jouer, vraiment, et pas entre un repas qui cuit et un bain à donner avant telle heure, pas entre l'aspirateur à passer et les courses. C'est cela qui me manque surtout ! J'aimerais aussi qu'elles n'aient pas à suivre notre rythme de vie mais plutôt que ce soit moi qui les accompagne dans leur rythme à elles !
Jérôme, deux filles de 5 ans et demi et 3 ans, travaille à 100 %.
1) Etre père, pour moi, c'est essayer d'être un modèle, une référence, un exemple pour mes enfants. C'est aussi être une sécurité pour eux; qu'ils puissent revenir à n'importe quel moment, quand ils en ont besoin, et que je puisse les aider, autant sur le plan moral que matériel. Etre père c'est être présent même quand on n'est pas physiquement présent, et représenter aussi l'autorité, leur donner des limites, s'opposer à certains de leurs comportements.
2) Il m'a surtout manqué de temps pour apprécier leur petite enfance… j'étais très absent, je n'ai pas assez profité de ces années-là… j'ai le sentiment que je n'ai pas tenu mon rôle de père à cause de mes absences pour le travail… Et je n'ai pas assez communiqué avec eux, je ne leur ai pas dit… un certain nombre de choses… comme par exemple que je les aime… Oui, j'ai de la peine à leur dire que je les aime, cela me paraît difficile, alors que je voudrais tellement le faire … J'ai l'impression que mon rôle n'est pas complet, fini. Mais je suis toujours à leur disposition pour les aider, autant moralement que financièrement…
J.-P., deux garçons et une fille adultes et une adolescente de 17 ans et demi, grand-père d'une petite fille de 4 ans. Retraité.
1) Etre père, c'est… un profond bonheur d'être à 50 % l'architecte de ce qui fait le soleil de ma vie (même si parfois j'aimerais être célibataire et sans enfant)… le souvenir impérissable, émerveillé et indéfinissable de l'arrivée de "l'autre" au sortir du ventre de sa mère… si mes enfants étaient mal formés, idiots ou voyous penserais-je la même chose ? Je ne sais pas… Si, quand même !!
2) Non, et si quelque chose me manquait, je ne m'en rends pas compte et c'est très bien ainsi !!
Carlo, un garçon adulte, une fille de 17 ans et demi et un garçon de 14 ans. Travaille à 100 %.
Père de deux enfants de 3 ans et 5 mois, 35 ans. Prend pour la deuxième fois un congé de paternité de trois mois étalé sur une plus longue période. Travaille à 80 %."Au moment de la naissance de mes enfants, au-delà de la grande émotion, je me suis senti investi d'une grande responsabilité. Je n'avais qu'un souhait c'est d'avoir assez de temps pour m'occuper de mon enfant. Même avant la naissance cela me prenait déjà du temps de vivre cette attente avec mon épouse. Ce temps je l'ai trouvé et je l'ai encore. Je m'occupe beaucoup de mes enfants à tous les niveaux et je peux dire qu'avec ma femme nous sommes interchangeables. Je sens une grande impatience de les voir grandir. Avoir des enfants me donne le plaisir de perpétuer une famille, le clan. J'ai beaucoup de plaisir à m'occuper de mes enfants.
La relation se construit jour après jour. Je refuse de
travailler plus pendant encore pas mal d'années à
cause des enfants."
Père de trois enfants, entre 6 mois et 7 ans, 37 ans.
A pris trois fois un congé paternité de trois mois,
travaille à 70 %.
"Avant la naissance, la paternité restait quelque chose d'abstrait. Au moment de la naissance de mes trois enfants, j'ai été submergé par une immense émotion, j'avais les larmes aux yeux. J'avais à chaque fois peur que le lien avec mon enfant ne se fasse pas mais en m'occupant de lui dès les premier jour ce lien s'est construit en quelques mois, l'attachement se fait petit à petit des deux côtés. J'ai trouvé que le congé paternité était indispensable pour que le lien puisse se faire bien et dès le début. M'occuper de mes enfants me procure beaucoup de plaisir. J'ai la crainte de ne pas avoir assez de temps pour chaque enfant. La paternité a changé les rapports avec mes propres parents qui m'ont enfin considéré comme adulte."
Père de deux enfants de 11 et 8 ans, 57 ans.
"Etre père c'est un nouvel état. Qui s'accompagne d'un sentiment de joie, de plaisir, d'être un maillon dans la transmission générationnelle. Cela donne un sens à ma vie. Etre père c'est aussi une fonction qui implique des choses à faire et des responsabilités à prendre. J'ai un rôle spécifique à tenir. Avoir des enfants aide à vieillir car quelque chose de moi va continuer à exister après ma mort. Ce qui m'a manqué et me manque encore : des modèles de père fiable, des modèles actuels différents de ce que la société propose aujourd'hui (l'homme consommateur et adolescent). Ce qui me manque encore : les groupes de pères-pairs, du temps pour exercer ma fonction de père dans la vie de tous les jours, une idée suffisamment claire sur l'éducation à donner en fonction du monde à venir. Le rôle de père est en lien avec le rôle d'homme qui est en mutation et il n'est pas toujours facile de se positionner.
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