Dossiers VOI(X)ES
AVEC et... SANS VOITURE
Se regrouper davantage pour les trajets paraît plus productif, même si ce n'est pas dans notre mentalité individualiste.
Brigitte, mariée, 2 enfants, 1 voiture, activité professionnelle indépendante, habite en plein centre de Genève.
Vous vivez avec voiture. Pourquoi ? Est-ce un choix ?
C'est un choix. Au début pendant 4 ans, j'ai vécu sans voiture mais avec deux petits enfants, les déplacements, les voyages, c'était vraiment compliqué. J'ai donc fait le choix de reprendre un véhicule mais un petit, adapté à la ville, qui m'assurait une consommation réduite et un parking aisé.
Comment vit-on à Genève avec une voiture (déplacements, loisirs, etc.) ?
J'utilise ma voiture uniquement quand j'en ai véritablement besoin car le problème du parking limite mon utilisation. Je trouve aberrant que des gens prennent leur voiture uniquement parce qu'ils ne peuvent pas la laisser là où ils l'ont garée en raison d'une limite de stationnement. J'emploie ma voiture pour les grands trajets une fois par semaine et un week-end sur deux. Autrement je l'utilise dans la semaine quand les transports publics sont trop compliqués et me font perdre trop de temps. Mais je circule surtout à pied et en tram.
Quelles difficultés rencontrez-vous dans vos déplacements ?
C'est le parking, car mon immeuble est trop ancien pour en posséder un. Dans mon quartier les parkings au mois sont trop chers. Parfois, si j'ai une bonne place je suis un peu paniquée à l'idée de devoir utiliser ma voiture et ne plus pouvoir me garer en revenant.
Comment estimez-vous les gains et pertes de temps, d'argent et dans votre qualité de vie ?
La voiture fait gagner du temps. Si je dois aller de l'autre côté de la ville et prendre deux bus, je perds trop de temps. Je perds certainement de l'argent avec le parking, par exemple, mais je fais des économies sur les longs parcours car prendre le train à quatre revient cher. Quant à la qualité de vie c'est sans aucun doute l'indépendance que je citerais.
Aimez-vous conduire ?
J'aime bien conduire et je dois dire que j'aime assez la vitesse. Mais je ne suis pas kamikaze et je suis consciente des dangers. En ville, les enfants et les bicyclettes me rendent hyperprudente.
Quelle est pour vous la voiture idéale ?
Ma voiture. Elle a quatre places, l'intérieur est spacieux, elle est pratique, se gare facilement, ingénieuse et performante. Il me semble qu'elle a été conçue pour une famille (j'ai entendu dire qu'une femme avait participé à sa conception). Sans être hostile au progrès, la voiture électrique ne me séduit guère pour l'instant.
Quel est le problème majeur que vous rencontrez avec votre voiture ?
Comme je l'ai déjà dit, c'est le parking et on ne pense pas à ceux et celles qui habitent les villes et qui en ont le plus besoin. Ceux qui vivent en dehors de Genève peuvent se garer sans problèmes. Certains parkings pratiquent des prix prohibitifs (on peut arriver à des Frs. 450.-- sans garantie d'avoir une place). De plus, en zone bleue avec un macaron on trouve difficilement de la place. La municipalité devrait acheter un certain nombre de places dans les parkings publics et les mettre en zone bleue. Et un parking devrait être au maximum à 500 mètres de son domicile.
Dans quelles circonstances abandonneriez-vous votre voiture ?
Quand les enfants seront grands, mais avec une maison de campagne la voiture reste indispensable. Alors j'utiliserais peut-être le système Mobility. Mais s'il y avait une vraie politique des parkings et des transports publics avec des trams et des bus toutes les cinq minutes, une majorité de personnes abandonneraient leur voiture.
Elisabeth, mariée, 4 enfants, sans voiture, exerce une activité bénévole, habite en zone campagnarde.
Vous vivez sans voiture. Pourquoi ? Est-ce un choix ?
Oui, nous avons décidé de vivre sans voiture voilà 13 ans, pour des raisons de stress, de sensibilité écologique, ainsi que pour un motif financier (arrêt du travail, naissance des enfants...). Mais c'est une décision qui a mûri, ce n'est pas venu d'un coup. Ce n'est pas non plus forcément un choix définitif.
Comment vit-on à Genève sans voiture (déplacements, loisirs, etc.) ?
Pour les trajets quotidiens ou les petits trajets, nous nous déplaçons en bus ou à pied. Pour amener les plus jeunes enfants à l'école, on s'arrange souvent entre voisins... Pour les plus longs trajets, nous pratiquons l'autopartage, c'est un complément idéal pour des déplacements ponctuels. Nous avons également le demi-tarif CFF et la carte famille. Mon mari possède un scooter, nous l'utilisons parfois pour des déplacements à deux.
Quelles difficultés rencontrez-vous dans vos déplacements ?
Il faut planifier les déplacements. Cela demande une certaine rigueur, et aussi plus d'énergie. On part peut-être moins facilement le week--end, même si ça nous arrive régulièrement. Dans certains cas, on est plus dépendant des autres, mais
ça peut aussi créer des liens...
Comment estimez-vous les gains et pertes de temps, d'argent et dans votre qualité de vie ?
C'est sûr qu'on passe pas mal de temps à se déplacer, mais c'est un temps de trajet connu et mesurable. Récemment, on nous a prêté une voiture durant 15 jours, j'ai eu l'impression de toujours courir et finalement, de ne pas avoir plus
de disponibilité. Une voiture, c'est un facteur de stress supplémentaire. Financièrement, on y gagne, car une voiture pèse très lourd dans un budget. Cependant, il faut utiliser l'autopartage modérément (moins de 10-15'000 km par an). La location de voitures fait aussi partie de notre budget vacances, mais ce sont des coûts prévisibles, planifiables.
Aimez-vous conduire ? Aimez-vous emprunter les transports publics ?
Oui, j'aime bien conduire. Durant les vacances, par exemple, je prends volontiers le volant, car je suis plus calme que mon mari et je m'énerve moins facilement sur la route. Mais j'apprécie également les transports publics car j'aime bien rencontrer du monde, discuter... ça me permet aussi de lire, ce qui est moins facile à la maison !
Quel est pour vous le mode de transport idéal ?
Avec une voiture on est un peu trop renfermé sur soi-même et je trouve cela dommage. Ca nous coupe un peu de notre environnement. Il faut également faire des efforts constants pour veiller au danger et contrôler cet objet hyperpuissant qui peut être facilement mortel. Cependant, je pense que c'est utile, que c'est une magnifique invention et qu'il serait ridicule de revenir en arrière... Mais se regrouper davantage pour les trajets me paraît plus productif, même si ce n'est pas dans notre mentalité individualiste. En ceci, les transports publics me paraissent être un meilleur mode de transport.
Quel est le problème majeur que vous rencontrez en vivant sans voiture ?
Ca a un certain impact sur la vie de famille, car ça oblige les enfants à prendre de
l'indépendance relativement vite et à assurer seuls leurs transports. Cela peut être vu comme un avantage ou un inconvénient, mais disons que c'est un peu handicapant de ne pas pouvoir les accompagner à leurs cours ou activités.
Dans quelles circonstances reprendriez-vous une voiture ?
Si je me sens trop souvent "coincée" ou qu'on déménage dans un lieu mal desservi par les transports publics, je pense que ce sont des éléments qui me pousseraient à reprendre une voiture.
Propos recueillis par I.B. et M.L.
Vous vivez avec voiture. Pourquoi ? Est-ce un choix ?
C'est un choix. Au début pendant 4 ans, j'ai vécu sans voiture mais avec deux petits enfants, les déplacements, les voyages, c'était vraiment compliqué. J'ai donc fait le choix de reprendre un véhicule mais un petit, adapté à la ville, qui m'assurait une consommation réduite et un parking aisé.
Comment vit-on à Genève avec une voiture (déplacements, loisirs, etc.) ?
J'utilise ma voiture uniquement quand j'en ai véritablement besoin car le problème du parking limite mon utilisation. Je trouve aberrant que des gens prennent leur voiture uniquement parce qu'ils ne peuvent pas la laisser là où ils l'ont garée en raison d'une limite de stationnement. J'emploie ma voiture pour les grands trajets une fois par semaine et un week-end sur deux. Autrement je l'utilise dans la semaine quand les transports publics sont trop compliqués et me font perdre trop de temps. Mais je circule surtout à pied et en tram.
Quelles difficultés rencontrez-vous dans vos déplacements ?
C'est le parking, car mon immeuble est trop ancien pour en posséder un. Dans mon quartier les parkings au mois sont trop chers. Parfois, si j'ai une bonne place je suis un peu paniquée à l'idée de devoir utiliser ma voiture et ne plus pouvoir me garer en revenant.
Comment estimez-vous les gains et pertes de temps, d'argent et dans votre qualité de vie ?
La voiture fait gagner du temps. Si je dois aller de l'autre côté de la ville et prendre deux bus, je perds trop de temps. Je perds certainement de l'argent avec le parking, par exemple, mais je fais des économies sur les longs parcours car prendre le train à quatre revient cher. Quant à la qualité de vie c'est sans aucun doute l'indépendance que je citerais.
Aimez-vous conduire ?
J'aime bien conduire et je dois dire que j'aime assez la vitesse. Mais je ne suis pas kamikaze et je suis consciente des dangers. En ville, les enfants et les bicyclettes me rendent hyperprudente.
Quelle est pour vous la voiture idéale ?
Ma voiture. Elle a quatre places, l'intérieur est spacieux, elle est pratique, se gare facilement, ingénieuse et performante. Il me semble qu'elle a été conçue pour une famille (j'ai entendu dire qu'une femme avait participé à sa conception). Sans être hostile au progrès, la voiture électrique ne me séduit guère pour l'instant.
Quel est le problème majeur que vous rencontrez avec votre voiture ?
Comme je l'ai déjà dit, c'est le parking et on ne pense pas à ceux et celles qui habitent les villes et qui en ont le plus besoin. Ceux qui vivent en dehors de Genève peuvent se garer sans problèmes. Certains parkings pratiquent des prix prohibitifs (on peut arriver à des Frs. 450.-- sans garantie d'avoir une place). De plus, en zone bleue avec un macaron on trouve difficilement de la place. La municipalité devrait acheter un certain nombre de places dans les parkings publics et les mettre en zone bleue. Et un parking devrait être au maximum à 500 mètres de son domicile.
Dans quelles circonstances abandonneriez-vous votre voiture ?
Quand les enfants seront grands, mais avec une maison de campagne la voiture reste indispensable. Alors j'utiliserais peut-être le système Mobility. Mais s'il y avait une vraie politique des parkings et des transports publics avec des trams et des bus toutes les cinq minutes, une majorité de personnes abandonneraient leur voiture.
Elisabeth, mariée, 4 enfants, sans voiture, exerce une activité bénévole, habite en zone campagnarde.
Vous vivez sans voiture. Pourquoi ? Est-ce un choix ?
Oui, nous avons décidé de vivre sans voiture voilà 13 ans, pour des raisons de stress, de sensibilité écologique, ainsi que pour un motif financier (arrêt du travail, naissance des enfants...). Mais c'est une décision qui a mûri, ce n'est pas venu d'un coup. Ce n'est pas non plus forcément un choix définitif.
Comment vit-on à Genève sans voiture (déplacements, loisirs, etc.) ?
Pour les trajets quotidiens ou les petits trajets, nous nous déplaçons en bus ou à pied. Pour amener les plus jeunes enfants à l'école, on s'arrange souvent entre voisins... Pour les plus longs trajets, nous pratiquons l'autopartage, c'est un complément idéal pour des déplacements ponctuels. Nous avons également le demi-tarif CFF et la carte famille. Mon mari possède un scooter, nous l'utilisons parfois pour des déplacements à deux.
Quelles difficultés rencontrez-vous dans vos déplacements ?
Il faut planifier les déplacements. Cela demande une certaine rigueur, et aussi plus d'énergie. On part peut-être moins facilement le week--end, même si ça nous arrive régulièrement. Dans certains cas, on est plus dépendant des autres, mais
ça peut aussi créer des liens...
Comment estimez-vous les gains et pertes de temps, d'argent et dans votre qualité de vie ?
C'est sûr qu'on passe pas mal de temps à se déplacer, mais c'est un temps de trajet connu et mesurable. Récemment, on nous a prêté une voiture durant 15 jours, j'ai eu l'impression de toujours courir et finalement, de ne pas avoir plus
de disponibilité. Une voiture, c'est un facteur de stress supplémentaire. Financièrement, on y gagne, car une voiture pèse très lourd dans un budget. Cependant, il faut utiliser l'autopartage modérément (moins de 10-15'000 km par an). La location de voitures fait aussi partie de notre budget vacances, mais ce sont des coûts prévisibles, planifiables.
Aimez-vous conduire ? Aimez-vous emprunter les transports publics ?
Oui, j'aime bien conduire. Durant les vacances, par exemple, je prends volontiers le volant, car je suis plus calme que mon mari et je m'énerve moins facilement sur la route. Mais j'apprécie également les transports publics car j'aime bien rencontrer du monde, discuter... ça me permet aussi de lire, ce qui est moins facile à la maison !
Quel est pour vous le mode de transport idéal ?
Avec une voiture on est un peu trop renfermé sur soi-même et je trouve cela dommage. Ca nous coupe un peu de notre environnement. Il faut également faire des efforts constants pour veiller au danger et contrôler cet objet hyperpuissant qui peut être facilement mortel. Cependant, je pense que c'est utile, que c'est une magnifique invention et qu'il serait ridicule de revenir en arrière... Mais se regrouper davantage pour les trajets me paraît plus productif, même si ce n'est pas dans notre mentalité individualiste. En ceci, les transports publics me paraissent être un meilleur mode de transport.
Quel est le problème majeur que vous rencontrez en vivant sans voiture ?
Ca a un certain impact sur la vie de famille, car ça oblige les enfants à prendre de
l'indépendance relativement vite et à assurer seuls leurs transports. Cela peut être vu comme un avantage ou un inconvénient, mais disons que c'est un peu handicapant de ne pas pouvoir les accompagner à leurs cours ou activités.
Dans quelles circonstances reprendriez-vous une voiture ?
Si je me sens trop souvent "coincée" ou qu'on déménage dans un lieu mal desservi par les transports publics, je pense que ce sont des éléments qui me pousseraient à reprendre une voiture.
Propos recueillis par I.B. et M.L.
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