Marie Butts est née à Thonon en 1870 dans une famille écossaise. Elle fit ses études à Lausanne à l’école Vinet. Cette institution pour filles était en avance sur son époque tant par la qualité de ses enseignants que pour sa pédagogie soucieuse de la qualité des cours et de l’épanouissement des élèves. Les enseignantes y étaient nombreuses et leurs qualités morales représentaient un modèle pour les jeunes filles.
Marie Butts fut influencée par l’enseignement de la grammaire donné par Camille Vidart, une enseignante féministe, et par celui de la Bible donné par la directrice. L’école Vinet insistait sur le développement personnel. D’anciennes élèves firent carrière dans l’enseignement et le réformisme social. La spiritualité était aussi présente et Marie Butts fit partie de la Société des Amis d’obédience Quaker.
Marie Butts enseigna à l’école Vinet la langue et la littérature anglaises. Elle pensait que les langues étaient nécessaires dans tous les domaines, qu’ils soient scientifiques ou littéraires, et pour la vie de tous les jours. Elle exprima ces idées dans son livre "L’enseignement des langues vivantes par la méthodologie directe". Elle fut aussi traductrice et interprète et écrivit des livres pour les enfants.
Entre 1920 et 1924 elle travailla dans un foyer de jeunes filles à Rouen tout en s’occupant de justice sociale pour la classe ouvrière. Elle revint à Genève pour prendre le poste de secrétaire générale du Bureau international de l’éducation (BIE). Elle exerça cette fonction pendant vingt-quatre ans jusqu’en 1949 puis devint secrétaire générale honoraire. Ses activités furent variées : gestion du centre de documentation, rédaction du bulletin du BIE, congrès internationaux, etc. Elle fit aussi partie de l’Alliance mondiale des femmes pour la paix et la concorde. Elle continua son activité d’enseignante en donnant divers cours : cours de psychologie ouvrière à l’Ecole d’études sociales, cours d’anglais aux étudiant-e-s en lettres, cours à l’Institut Rousseau.
Pendant la Deuxième guerre mondiale elle se trouva en Angleterre et dans une lettre écrite à une amie en août 1945 elle posait la question « A quand le droit de vote des femmes en Suisse ? » car elle venait de voter pour une femme travailliste et syndicaliste dans son pays. A Londres elle participa à la création de l’UNESCO. En 1949 elle fut nommée docteure honoris causa de l’Université de Genève. Sa carrière d’enseignante était ainsi récompensée ainsi que le fait d’avoir été collaboratrice de directeurs du BIE, en particulier Jean Piaget. Elle mourut à Genève en 1953.
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