Marguerite Frick-Cramer est née à Genève en 1887 dans une famille aisée. Elle fit des études de droit à Genève et à Paris et obtint une licence, mais c’est à la recherche historique qu’elle se consacra. C’est gâce à elle qu’elle obtint un prix prestigieux, le prix Ador. A l’occasion du centenaire du rattachement de Genève à la Confédération en 1914 elle écrivit son ouvrage le plus connu "Genève et les Suisses".
Elle commença une carrière universitaire en 1918 qui se termina avant la fin du premier semestre car elle fut engagée au Comité International de la Croix-Rouge (CICR). Plusieurs membres de sa famille aux noms bien connus (Micheli, Cramer, Pictet) en faisaient partie et elle renforça encore ces liens quand elle épousa Edouard Frick, délégué du CICR pour l’Europe orientale en 1920.
C’est grâce à son engagement au CICR qu’elle acquit sa notoriété. Elle aida à la création de l’Agence internationale des prisonniers de guerre et participa à la direction du service des prisonniers de guerre de l’Entente. C’est ainsi qu’elle prit part aux conférences franco-allemandes qui aboutirent au rapatriement des prisonniers. Elle participa à l’élaboration des conventions internationales pour la protection des militaires et des civils en cas de guerre et fut à l’origine de la Convention de 1929 sur le traitement des prisonniers de guerre. Elle représenta le CICR à plusieurs conférences et fut elle-même la première femme déléguée dans une mission effectuée en 1917 à Berlin, Copenhague et Stockholm.
Malgré ces références et le fait qu’elle avait été cooptée comme membre du CICR en 1918, sa nomination fut ajournée. Le fait d'être une femme ainsi que diverses considérations d’ordre politique provoquèrent cet ajournement. Elle démissionna du Comité en 1922 arguant du fait qu’elle vivait en Allemagne, mais elle devint membre honoraire jusqu’en 1939 puis membre à part entière. Pendant la guerre, elle tenta de convaincre le CICR d’intervenir vigoureusement en faveur des civils et des internés, mais sans succès. Elle démissionna en 1946 mais resta membre honoraire jusqu’à sa mort en 1963.
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