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Alice BAILLY
1872 – 1938

Alice Bailly fut l’une des précurseurs du cubisme en Suisse. Elle naquit à Genève, vécut à Paris et finit sa vie à Lausanne. Elle fit ses études de dessin à l’Ecole des demoiselles : c’était le nom donné à la section féminine des beaux-arts de Genève. En 1900 elle exposa ses œuvres à Genève puis elle réalisa des gravures à la suite de voyages dans le Valais qu’elle rassembla sous le titre de « Scènes valaisannes ».

Puis elle quitta la Suisse pour Paris. Un séjour en Bretagne lui permit de réaliser une série de gravures intitulées « Scènes bretonnes » en 1907. Puis elle découvrit  le fauvisme qui influença ses oeuvres suivantes. En 1909 elle rencontra Cuno Amiet puis elle fut nommée sociétaire du Salon d’Automne.

Son séjour parisien lui fit rencontrer les artistes de l’époque : Fernand Léger, Raoul Dufy, Marie Laurencin, Sonia Delaunay, etc. Son cubisme prit une tournure plus colorée. D’autre part elle s’intéressa aux futuristes et entreprit de traduire le mouvement dans ses peintures. Elle exposa au Salon des Indépendants et au Salon d’Automne et attira l’attention de la critique parisienne ainsi qu’un commentaire élogieux d’Apollinaire.

En 1913 le Musée Rath organisa une exposition de ses œuvres. Ses peintures participèrent à la première exposition sur le cubisme en Suisse romande. Bien que nommée membre du jury du Salon d’Automne en 1914 elle ne put siéger en raison de la guerre et revint en Suisse.

Ce fut l’occasion de faire la connaissance de mécènes Suisses alémaniques. Elle entra en contact avec le mouvement dadaïste à Zurich, mais n’épousa que partiellement ses idées. C’est à ce moment-là qu’elle conçut ses « tableaux-laine », un mélange de peinture et de textile. Elle utilisait des fils de laine multicolores et une toile en coton le tout mêlé à la peinture. En 1918 une exposition lui fut consacrée à Genève.

Repartie pour Paris en 1920 elle n’y resta que peu de temps : sa notoriété n’était plus la même et sa création semblait s’être tarie. En 1923 elle rentra en Suisse et exposa dans différents lieux comme la biennale de Venise et la Kunsthalle de Berne. Elle participa aussi à l’exposition « L’art suisse » à Paris. A partir de 1932 elle disposa d’un atelier à Lausanne octroyé par la municipalité qui lui confia la décoration du foyer du Théâtre municipal auquel elle travailla jusqu’à sa mort en 1938.

Mais Alice Bailly ne se préoccupa pas uniquement de peinture. En tant que femme, elle subit des discriminations : le monde artistique était dominé par les hommes. Ainsi la Société des peintres, sculpteurs et architectes suisses refusait les femmes. Elle n’était pas féministe, mais montrait bien qu’elle était une femme en signant toujours avec son prénom. Elle s’agaçait lorsque qu’on parlait de broderie ou de tissage en parlant de ses « tableaux-laine » qu’elle estimait de la même valeur que la peinture traditionnelle. Elle avait cette formule : « l’art n’est pas une affaire de jupon ou de pantalon. » Mais si la femme occupe une place centrale dans sa peinture, elle est toujours entourée d’hommes comme c’est le cas dans l’œuvre qu’elle réalisa pour le Théâtre municipal de Lausanne.

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