1870 – 1928
Marguerite Champendal est née en 1870 dans une famille nombreuse où elle reçut une éducation protestante. Une institutrice privée assura sa formation primaire puis elle intégra l’Ecole secondaire supérieure de jeunes filles. Très tôt, elle fit part de son intérêt pour la médecine mais ses parents jugèrent que c’était une profession trop scientifique pour une femme. Elle commença donc sa vie professionnelle en tant qu’enseignante à Berlin puis à Paris.
Etant toujours déterminée à devenir médecin, son père finit par accepter sa vocation. Elle obtint d’abord un baccalauréat à la faculté des sciences qui lui permit d’entrer à la faculté de médecine. En 1900 elle devint la première femme genevoise docteure en médecine. Celles qui l’avaient précédée étaient toutes étrangères.
Marguerite Champendal s’installa en cabinet privé tout en s’impliquant dans la création d’institutions dédiées à la pédiatrie et à l’éducation des femmes. En 1901 elle créa la "Goutte de lait" en s’inspirant de ce qu’elle avait connu lors d’un séjour parisien effectué dans le cadre de sa formation en médecine. La "Goutte de lait" distribuait du lait pasteurisé pour les nourrissons et des conseils aux mères.
Elle participa au mouvement philanthropique en sollicitant la charité privée pour venir en aide à l’enfance. Elle institua une consultation gratuite pour les nourrissons et des conseils en puériculture. En 1905 elle fonda "Le Bon Secours" qui se développa en école de formation pour gardes-malades. Les jeunes femmes de la bourgeoisie y étaient formées pour donner des soins à domicile pour les pauvres. Puis elle créa une petite infirmerie pour hospitaliser les bébés malades. Enfin elle initia le Dispensaire des Eaux-Vives en 1907, destiné aux habitants du quartier.
Jusqu’en 1921 les femmes médecins n’étaient pas admises dans la Société médicale de Genève. Mais à partir de cette date elles purent en faire partie en raison des changements sociaux dus à la guerre de 14-18 et Marguerite Champendal s’y inscrivit. Dès 1902 elle avait adhéré à l’Union des femmes de Genève où elle donnait des conférences. Enfin elle fut nommée privat-docente à la faculté de médecine de l’Université de Genève entre 1913 et 1918. Elle mourut d’un arrêt cardiaque en 1928.
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