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Berthe VADIER
1836 - 1921

Berthe Vadier, de son vrai nom Céleste-Vitaline Benoit, est née à Saint Laurent dans le Jura français en 1836. Vers 1840 ses parents s’installèrent à Genève où son père, horloger, avait été engagé. Elle eut une enfance très studieuse où la lecture tenait une très grande place et remplaçait l’école. Vers l’âge de quinze ans ses parents la firent entrer à l’Ecole secondaire où sa culture livresque fit forte impression.

Son éducation fut complétée par des cours chez un peintre mais rapidement elle dût gagner sa vie. Elle devint institutrice dans une famille viennoise où elle fut très heureuse. Elle peignit les membres de cette famille et se mit à écrire.

Elle rentra à Genève en 1870 et continua à donner des leçons particulières ainsi que des cours dans des pensionnats, ce qui lui permit de gagner confortablement sa vie. Elle en profita pour reprendre ses manuscrits rédigés à Vienne et envoya des poèmes à un professeur d’Académie,  Henri-Frédéric Amiel, l’auteur du Journal intime. Une longue amitié s’ensuivit. Il lui trouva son nom de plume, Berthe Vadier, et l’encouragea à participer à des concours littéraires. C’est ainsi qu’en 1871, elle obtint un premier prix de poésie décerné par l’Institut national genevois.

Sa production littéraire fut variée. En poésie, elle excellait dans les épîtres où elle montrait son sens de l’observation. Elle écrivit des nouvelles qui parurent dans la prestigieuse Bibliothèque universelle. En 1879 parut un roman Le portrait de famille. Elle se consacra également au théâtre en rédigeant des pièces pour enfants. Elle collabora à la revue Le magasin d’éducation et de récréation de l’éditeur français Hetzel.

En 1886, elle publia Mon livre, prétexte à des réflexions et des observations variées puis, en  1890, parut Au pays de fantaisie, scène de marionnettes, caractérisé par sa liberté de forme et de ton. Elle écrivit une biographie d’Amiel qui passa les dernières années de sa vie dans la pension tenue par sa mère. Elle put aussi le peindre et ce portrait se trouve à la bibliothèque de l’Ariana.

Elle n’était pas féministe mais elle s’intéressait à la production féminine et elle écrivit un article en 1893 pour la Bibliothèque universelle sur « les travaux des femmes dans les temps anciens et modernes » . Elle donnait des conférences sur l’humaniste Vivès qui avait écrit L’éducation de la femme chrétienne.

A sa mort, Berthe Vadier représentait un cas rare, celui d’une écrivaine qui avait consacré une grande partie de sa vie à l’activité littéraire, et ce en véritable professionnelle. Elle écrivit une trentaine de livres entre 1875 et 1914.


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