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FEMMES ET RESEAUX : CE QUE LA TOILE DEVOILE

Dès la fin des années 80, le constat décevant est fait que la détermination des féministes n’a pas suffi, loin s’en faut, pour faire fondre le plafond de verre qui maintient les femmes à la base des hiérarchies professionnelles. On ne cesse alors de répéter à quel point les réseaux sont importants, combien l’absence des femmes de ces antichambres du pouvoir coûte à leur carrière et comment elles doivent s’y prendre pour créer des liens.
Il semble aujourd’hui évident que ces discours niaient complètement les nombreuses preuves de la capacité extraordinaire des femmes à créer des réseaux souvent étroitement liés, tant au niveau local qu’international, aux mouvements sociaux contemporains.


En toute logique, dix ans plus tard, les portes des cercles masculins étaient toujours aussi hermétiquement closes aux femmes, tandis que les obstacles qu’elles rencontraient, essentiellement liés à leurs contraintes familiales, étaient toujours aussi concrets.


Le début des années 2000 marque un changement de taille de ce point de vue avec l’amélioration très rapide de l’accès à internet qui favorise l’émergence puis l’explosion des réseaux féminins d’influence. La toile dévoile alors ce que les femmes ont toujours été : des réseauteuses redoutablement efficaces, qui se connectent avec facilité, notamment avec leurs consœurs, selon leurs intérêts professionnels, politiques, solidaires, culturels ou hédonistes.


S’agissant de leur carrière, les cyber-usagères trouvent avec ces réseaux virtuels des espaces qui «permettent à leurs membres d’être visibles, de se faire connaître et donc d’avoir de nouveaux contacts dans leur carnet d’adresses» (Le boom des réseaux de femmes, dossier du journal ELLE). Si certain-e-s en doutaient encore, les femmes sont bien «des hommes comme les autres» : elles pratiquent le recrutement par connaissances et par cooptation et, une fois aux commandes, privilégient leurs semblables !


En 2009, un dernier préjugé, sur la prétendue technophobie des femmes, s’écroule grâce à un article de Brian Solis, spécialiste de la communication et des nouvelles technologies de l’information (Revealing the People Defining Social Networks) qui révèle que les femmes sont surreprésentées (55%-60%) parmi les membres des réseaux sociaux virtuels comme Facebook, MySpace, Twitter ou LinkedIn.

Ces chiffres sont renforcés par les résultats, publiés la même année, de l’enquête du réseau European PWN (Comment «réseautent» les femmes ?) qui montre que la majorité des femmes occupant des postes d’encadrement créent ou entrent dans des réseaux virtuels pour des raisons sociales et personnelles («pour rencontrer de nouvelles personnes», «pour mon développement personnel»), mais aussi pour des raisons professionnelles («pour faire évoluer ma carrière», «pour trouver un emploi», «pour m’intégrer au travail»).
En 2010, les femmes ont donc allègrement franchi le pas des nouvelles technologies électroniques, sont très mobiles dans les réseaux qu’elles créent… mais sont toujours cantonnées au bas des hiérarchies !


Quel manque de compétence ou d’intérêt va-t-on maintenant leur attribuer pour expliquer ce différentiel de plus en plus choquant ?


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