Marcelle Moynier est née à Genève en 1888 dans une famille aisée : père banquier, grand-père cofondateur du CICR avec Henri Dunant. Son éducation fut privilégiée : école privée, puis précepteurs, loisirs avec sports (voile, tennis, équitation, etc.) et théâtre. A quinze ans elle entra au Conservatoire de Genève où elle étudia le théâtre et la musique avec Jaques-Dalcroze et en particulier sa nouvelle technique, la rythmique. Elle suscita l’admiration de son maître.
Ses qualités qui incluaient fraîcheur, curiosité, enthousiasme et humour étaient appréciées de ses amis. Un certain goût du risque l’animait : elle fut l’un des premiers membres du Touring Club et fut la première Genevoise à monter dans un biplan. En 1914 elle participa aux festivités du centenaire du rattachement de Genève à la Suisse avec Jaques-Dalcroze.
En 1915 elle choisit d’enseigner gratuitement, à des enfants défavorisés, la diction et la rythmique. Parallèlement elle s’occupa des prisonniers de guerre du CICR. Puis elle fonda une troupe de théâtre, "La Roulotte" dont le but était de récolter des fonds pour des œuvres de bienfaisance. Puis elle créa un cabaret musical humoristique, "Le Puceron Mauve", et un théâtre d’enfants où elle utilisait tous les moyens d’expression artistique pour faire jouer ses jeunes artistes.
En 1929 elle fut éblouie par un spectacle de marionnettes italiennes et décida de fonder une troupe de marionnettes, "Les Petits Tréteaux". Des artistes créèrent les marionnettes et la décoration. Elle-même fit des décors et des accessoires. Sa mère confectionna les costumes. Des comédiens et des musiciens complétèrent la troupe. La première représentation eut lieu en 1939 à la Salle des Abeilles à l’Athénée et connut un grand succès.
En 1937, "Les Petits Tréteaux" représentèrent la Suisse à l’Exposition universelle à Paris. Ce fut le début de nombreuses tournées. En 1940 le petit théâtre changea de nom et devint "Les Marionnettes de Genève" sis dans le salon de Marcelle Moynier, rue Constantin. Les spectacles étaient souvent musicaux avec des œuvres de Ravel, Debussy, Strawinsky. Elle était entourée par une pléiade d’artistes qui collaborèrent avec elle pendant une trentaine d’années.
En 1971, sentant la relève assurée, Marcelle Moynier constitua une fondation à laquelle la Ville et l’Etat de Genève décidèrent d’accorder une subvention. Puis des festivités furent organisées pour le cinquantenaire de la création des Marionnettes. Marcelle Moynier s’éteignit le soir de ces manifestations comme si son rôle se terminait avec la pérennisation de son œuvre. Le lendemain le Conseil municipal votait à l’unanimité les crédits pour la construction d’un théâtre de marionnettes, celui qui existe aujourd’hui rue Rodo.
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