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Maggy BREITTMAYER
1888 – 1961

Maggy Breittmayer est née à Genève en 1888 dans une famille bourgeoise. Elle commença à apprendre le violon très jeune et à 12 ans elle devint l’élève d’Henri Marteau au Conservatoire de Genève. Il était considéré comme l’un des meilleurs violonistes de son temps et il forma plusieurs femmes violonistes.

En 1909 elle put partir à Berlin étudier avec Carl Flesh, célèbre pédagogue du violon, grâce à une bourse de l’Association des musiciens suisses. Il faut noter qu’à cette époque il était rare pour une jeune fille de pouvoir quitter son pays, sa famille pour aller étudier un instrument à l’étranger avec un professeur, aussi célèbre soit-il. Maggy devait donc avoir un talent exceptionnel et une famille compréhensive.

Maggy Breittmayer avait choisi la difficulté. A l’époque, il était courant pour une jeune fille d’apprendre le piano mais plus inhabituel d’apprendre le violon. De plus elle voulait en faire son métier à une époque où l’on attendait d’une femme qu’elle soit bonne épouse et bonne mère. Malgré tout cela elle choisit d’être une musicienne professionnelle avec un instrument rarement utilisé par les femmes.

Quand elle revint de Berlin elle se produisit dans des salles de concerts à Genève et en Suisse romande puis à l’étranger (Paris, Hollande, Berlin). Il n’existe malheureusement pas d’enregistrement de ses concerts mais simplement des articles de journaux particulièrement élogieux. Parallèlement à cette carrière de concertiste elle enseignait depuis 1911 au Conservatoire de Genève où sa pédagogie était particulièrement appréciée.

Ce qui fait l’originalité de Maggy Breittmayer c’est qu’elle ne se contenta pas de jouer des œuvres classiques mais elle chercha à faire découvrir des artistes contemporains comme Emile Jaques-Dalcroze dont elle joua le concerto pour violon sous la direction d’Ernest Ansermet en 1911. Elle interpréta d’autres artistes suisses comme William Bastard, Eugène Berthoud ou Othmar Schoeck.

Après la première guerre mondiale son nom disparut de la scène musicale. Elle fut pourtant membre fondatrice de l’Orchestre de la Suisse Romande en 1918 et continua d’enseigner au Conservatoire mais sa carrière de soliste fut stoppée. Son séjour d’études à Berlin ne fut pas oublié et une rue porte son nom dans cette ville depuis 2001.


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