Dossiers VOI(X)ES
LES FEMMES, PREMIERES ACTRICES DE L'ECONOMIE SOLIDAIRE
Pourquoi avoir choisi de parler d'économie solidaire ?
Parce que d'une part, le constat actuel est sans appel :
- L'économie libérale est loin de répondre aux besoins de la population mondiale,
et de surcroît elle gaspille les ressources naturelles.
- A son stade de développement, l'humanité pourrait connaître l'abondance dans le partage; mais elle subit inégalités croissantes, misères et conflits.
Les femmes en paient le prix fort : elles forment 70 % de la population pauvre du monde et détiennent 1 % de la propriété. Elles sont les premières victimes du chômage, de la misère, et des dégâts causés par les guerres et les conflits dans la mesure où elles deviennent soutiens de famille.
Parce que, d'autre part et paradoxalement :
- les femmes font vivre l'économie de nombreux pays, mais restent exclues des sphères de décision, voire réduites au statut de mineures.
- Cependant, en s'organisant, elles sortent de l'ombre et avancent vers une reconnaissance de leur rôle. Ainsi, elles sont les premières actrices et les moteurs de l'économie solidaire.
Mais qu'est ce que l'économie solidaire ?
On peut définir l'économie comme le système d'organisation de la vie, la gestion des ressources relativement aux besoins humains.
Et solidaire comme le fait d'être co-responsables et fonctionner ensemble dans un même processus.
L'Economie solidaire pourrait donc être définie comme une économie où il n'y a
pas de profit, où les bénéfices sont réinvestis, et où la gestion de l'entreprise est démocratique. Elle est bâtie sur des valeurs telles que l'union, l'autonomie, et repose sur les échanges, les liens et réseaux.
L'économie solidaire n'est pas un concept nouveau et la place que les femmes y
tiennent n'est pas un phénomène récent. Mais ce phénomène s'étend et les femmes commencent à faire le lien entre économie et égalité. Elles trouvent par là le chemin de l'autonomie, se rencontrent et théorisent, s'unissent au niveau local, national, continental, international pour faire avancer leurs projets et leurs propositions.
Les initiatives de femmes fleurissent dans toutes les parties du monde: les mutuelles de crédits en Inde, les tontines en Afrique (coopératives d'épargne et de crédits, dont les critères d'organisation et de fonctionnement sont basés sur des garanties culturelles - solidarité, entraide, démocratie, équité), les systèmes de micro-crédits en Europe sont autant d'expériences d'économie solidaire.
Dans les pays en voie de développement, plus particulièrement en Afrique, les femmes lient survie quotidienne et création d'activités. Elles expérimentent des initiatives solidaires par le simple fait que leurs activités ne visent pas un retour sur investissement d'ordre financier mais recherchent surtout une plus value sociale en développant conjointement des services connexes comme la reconstruction d'écoles, la réhabilitation de maternités ou d'hôpitaux, ou le réaménagement du territoire par la réparation des routes.
En voici quelques exemples :
Au Mali, des femmes ont lancé une activité de fabrication de savons afin de financier une crèche.
Au Costa Rica, une femme a mis sur pied un restaurant de quartier qui emploie
uniquement des mères de familles nombreuses, et qui leur permet de "nourrir une vie meilleure ".
Au Sénégal, une mutuelle de crédit par et pour les femmes étudie des dossiers pour soutenir des petits et des grands projets avec une finalité sociale.
En Inde, une structure, SEWA, la Self-Employed Women's Association, "Association des femmes travailleuses indépendantes" aide les femmes à
s'organiser dans le champ de l'économie et de l'action syndicale."
SEWA a pour double objectif de fournir aux femmes le plein emploi et l'indépendance. Par l'indépendance, SEWA veut faire en sorte que chaque femme soit en mesure, tant individuellement que collectivement, d'assumer son autonomie sur le plan économique et en matière de décision. Pour atteindre ces objectifs, SEWA a élaboré deux stratégies : la lutte contre toutes sortes de contraintes et d'inégalités imposées aux femmes par le système économique et social dominant d'une part, et d'autre part, les activités de développement qui renforcent le pouvoir des travailleuses au sein de la société, leur offrant de nouvelles alternatives. Ces stratégies sont conduites par les voies conjointes du syndicalisme et du mouvement coopératif.
Dans les pays dit riches où les inégalités se creusent, des structures d'économie solidaire sont mises sur pied dans un but de formation, pour aider les femmes à monter leurs propres petites entreprises.
Par exemple, au Québec à Trois-Rivières, il y a plus de dix ans, une poignée de féministes décidaient de prendre l'illettrisme à bras le corps pour lutter contre l'exclusion. Toute personne exclue du marché du travail, des analphabètes, des handicapé-e-s, immigré-e-s, des familles monoparentales, des populations pauvres, des personnes psychiatrisées bénéficiaient de formations longues adaptées pour créer à terme de leurs propres emplois.
Autre exemple en France, dans le domaine de la restauration.
5 femmes de 5 pays différents ont créé le restaurant interculturel associatif Plein Sud. Une belle aventure pour ces femmes qui se sont donné le double défi de créer leur propre activité économique et de participer au développement du quartier.
Elles ont cherché à utiliser et valoriser les savoir-faire traditionnels. Pour les femmes, il s'agit des savoir-faire domestiques : cuisine, couture, blanchissage, coiffure.
En 10 ans d'activités, elles ont acquis une solide expérience de la restauration. Leur souhait à présent est que cette expérience soit reconnue et validée afin que l'économie locale ne soit pas une impasse pour ces femmes et qu'elles puissent faire valoir leurs compétences dans d'autres sphères.
L'économie solidaire offre l'opportunité de poser une brique dans la construction d'un monde où l'activité économique a des retombées positives sur le plan social, où la lutte contre l'isolement resserre les liens, UN AUTRE MONDE pour lequel les femmes travaillent beaucoup.
Nous y avons TOUTES et tous notre place, et nous y avons beaucoup à gagner.
G.B.
www.penelopes.org
www.cybersolidaires.org
Parce que d'une part, le constat actuel est sans appel :
- L'économie libérale est loin de répondre aux besoins de la population mondiale,
et de surcroît elle gaspille les ressources naturelles.
- A son stade de développement, l'humanité pourrait connaître l'abondance dans le partage; mais elle subit inégalités croissantes, misères et conflits.
Les femmes en paient le prix fort : elles forment 70 % de la population pauvre du monde et détiennent 1 % de la propriété. Elles sont les premières victimes du chômage, de la misère, et des dégâts causés par les guerres et les conflits dans la mesure où elles deviennent soutiens de famille.
Parce que, d'autre part et paradoxalement :
- les femmes font vivre l'économie de nombreux pays, mais restent exclues des sphères de décision, voire réduites au statut de mineures.
- Cependant, en s'organisant, elles sortent de l'ombre et avancent vers une reconnaissance de leur rôle. Ainsi, elles sont les premières actrices et les moteurs de l'économie solidaire.
Mais qu'est ce que l'économie solidaire ?
On peut définir l'économie comme le système d'organisation de la vie, la gestion des ressources relativement aux besoins humains.
Et solidaire comme le fait d'être co-responsables et fonctionner ensemble dans un même processus.
L'Economie solidaire pourrait donc être définie comme une économie où il n'y a
pas de profit, où les bénéfices sont réinvestis, et où la gestion de l'entreprise est démocratique. Elle est bâtie sur des valeurs telles que l'union, l'autonomie, et repose sur les échanges, les liens et réseaux.
L'économie solidaire n'est pas un concept nouveau et la place que les femmes y
tiennent n'est pas un phénomène récent. Mais ce phénomène s'étend et les femmes commencent à faire le lien entre économie et égalité. Elles trouvent par là le chemin de l'autonomie, se rencontrent et théorisent, s'unissent au niveau local, national, continental, international pour faire avancer leurs projets et leurs propositions.
Les initiatives de femmes fleurissent dans toutes les parties du monde: les mutuelles de crédits en Inde, les tontines en Afrique (coopératives d'épargne et de crédits, dont les critères d'organisation et de fonctionnement sont basés sur des garanties culturelles - solidarité, entraide, démocratie, équité), les systèmes de micro-crédits en Europe sont autant d'expériences d'économie solidaire.
Dans les pays en voie de développement, plus particulièrement en Afrique, les femmes lient survie quotidienne et création d'activités. Elles expérimentent des initiatives solidaires par le simple fait que leurs activités ne visent pas un retour sur investissement d'ordre financier mais recherchent surtout une plus value sociale en développant conjointement des services connexes comme la reconstruction d'écoles, la réhabilitation de maternités ou d'hôpitaux, ou le réaménagement du territoire par la réparation des routes.
En voici quelques exemples :
Au Mali, des femmes ont lancé une activité de fabrication de savons afin de financier une crèche.
Au Costa Rica, une femme a mis sur pied un restaurant de quartier qui emploie
uniquement des mères de familles nombreuses, et qui leur permet de "nourrir une vie meilleure ".
Au Sénégal, une mutuelle de crédit par et pour les femmes étudie des dossiers pour soutenir des petits et des grands projets avec une finalité sociale.
En Inde, une structure, SEWA, la Self-Employed Women's Association, "Association des femmes travailleuses indépendantes" aide les femmes à
s'organiser dans le champ de l'économie et de l'action syndicale."
SEWA a pour double objectif de fournir aux femmes le plein emploi et l'indépendance. Par l'indépendance, SEWA veut faire en sorte que chaque femme soit en mesure, tant individuellement que collectivement, d'assumer son autonomie sur le plan économique et en matière de décision. Pour atteindre ces objectifs, SEWA a élaboré deux stratégies : la lutte contre toutes sortes de contraintes et d'inégalités imposées aux femmes par le système économique et social dominant d'une part, et d'autre part, les activités de développement qui renforcent le pouvoir des travailleuses au sein de la société, leur offrant de nouvelles alternatives. Ces stratégies sont conduites par les voies conjointes du syndicalisme et du mouvement coopératif.
Dans les pays dit riches où les inégalités se creusent, des structures d'économie solidaire sont mises sur pied dans un but de formation, pour aider les femmes à monter leurs propres petites entreprises.
Par exemple, au Québec à Trois-Rivières, il y a plus de dix ans, une poignée de féministes décidaient de prendre l'illettrisme à bras le corps pour lutter contre l'exclusion. Toute personne exclue du marché du travail, des analphabètes, des handicapé-e-s, immigré-e-s, des familles monoparentales, des populations pauvres, des personnes psychiatrisées bénéficiaient de formations longues adaptées pour créer à terme de leurs propres emplois.
Autre exemple en France, dans le domaine de la restauration.
5 femmes de 5 pays différents ont créé le restaurant interculturel associatif Plein Sud. Une belle aventure pour ces femmes qui se sont donné le double défi de créer leur propre activité économique et de participer au développement du quartier.
Elles ont cherché à utiliser et valoriser les savoir-faire traditionnels. Pour les femmes, il s'agit des savoir-faire domestiques : cuisine, couture, blanchissage, coiffure.
En 10 ans d'activités, elles ont acquis une solide expérience de la restauration. Leur souhait à présent est que cette expérience soit reconnue et validée afin que l'économie locale ne soit pas une impasse pour ces femmes et qu'elles puissent faire valoir leurs compétences dans d'autres sphères.
L'économie solidaire offre l'opportunité de poser une brique dans la construction d'un monde où l'activité économique a des retombées positives sur le plan social, où la lutte contre l'isolement resserre les liens, UN AUTRE MONDE pour lequel les femmes travaillent beaucoup.
Nous y avons TOUTES et tous notre place, et nous y avons beaucoup à gagner.
G.B.
www.penelopes.org
www.cybersolidaires.org
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