Tiré de la brochure éponyme publiée en 2006 par le Service de la promotion de l’égalité entre homme et femme (SPPE), le titre ci-dessus concerne, bien au-delà de ces trois couples qui y témoignent, l’ensemble des adolescent-e-s, pour qui les relations romantiques et amoureuses représentent bien sûr une préoccupation très importante.
Alors que les territoires quotidiens de cette tranche d’âge restent par ailleurs très distincts selon le sexe, l’expérience du lien amoureux offre aux jeunes filles et garçons l’opportunité d’apprendre à se situer dans la relation à l’autre, mais peut également les confronter de manière précoce à ses aspects les plus négatifs. Jalousie, pressions, remarques désobligeantes ou moqueries de la part d’un-e (ex) partenaire, constituent en effet parfois de douloureuses confrontations à des comportements dont la violence peut même prendre des formes beaucoup plus graves.
Selon les expert-e-s, les violences rencontrées dans les couples adolescents sont comparables à celles des couples adultes. Toutes les gradations existent entre «le recours spontané à la violence pour gérer les conflits et le recours systématique à la violence pour exercer un contrôle sur une autre personne.» (Violence dans les relations de couple entre jeunes, feuille d’information du Service de lutte contre la violence).
Les chiffres recueillis par enquêtes sociologiques (notamment l’étude Teen Research Unlimited, ou TRU, en 2008) rappellent ce que l’on sait au sujet de la violence conjugale puisqu’environ une jeune fille sur quatre déclare avoir été victime de violences psychiques ou de menaces dans le cadre d’une relation amoureuse, alors que les jeunes garçons sont deux fois moins concernés.
Quelques points caractérisent cependant la violence chez les jeunes, en particulier la violence psychique : le contrôle et la restriction de la liberté concernent par exemple plus de 30% des adolescent-e-s interrogé-e-s. Les manifestations de jalousie sont également fréquemment relatées. Enfin, le fait que les jeunes utilisent intensivement les nouvelles technologies, en particulier les réseaux sociaux virtuels, augmente le risque d’atteinte à la dignité et à la personnalité.
De manière inquiétante, une part non négligeable des filles (14%, contre 1.7% des garçons seulement !), même très jeunes (dès 12 ans), indique avoir déjà subi une agression sexuelle de la part d’un-e (ex) partenaire. Ce chiffre, recueilli en Suisse, impressionne d’autant plus que l’on sait que la capacité d’aide des adultes est restreinte : les parents se révèlent toujours très ignorants de ce que vivent vraiment leurs enfants, alors qu’une part importante de ces derniers (75%) déclare ne pas savoir où chercher de l’aide en cas de problèmes dans sa relation amoureuse (source: TRU, 2008).
Quant aux facteurs de risques de violences dans les couples de jeunes, quatre éléments ont été identifiés, qui peuvent être pris en compte au niveau de la prévention : une expérience de la violence conjugale au sein du couple parental durant l’enfance, une conception stéréotypée des rôles des femmes (serviles) et des hommes (dominateurs), des relations sexuelles précoces et, concernant les violences sexuelles, la perception d’une communication ambigüe (une tendance est observée, chez les hommes qui perçoivent de manière équivoque les propos des femmes, à se comporter de manière plus agressive sur le plan sexuel).
En conclusion, des jeunes couples comme Julie et Luca, Elodie et Loïc, ou Marco et Alizé, sont-ils plus à risque de violences que leurs aîné-e-s ? Et ces dernières sont-elles très différentes de ce qui existe dans la génération de leurs parents ? La question reste ouverte et la réponse est sans doute nuancée. Il semble surtout que ce sont les supports qui varient entre les générations. Reste donc à trouver les instruments de prévention les plus adaptés aux modes de communication de nos adolescent-e-s qui, tout en naviguant avec une aisance impressionnante dans les mondes de l’électronique et du virtuel, restent fragiles et démuni-e-s quand ils ou elles se confrontent, dans leurs relations réelles, au manque de respect ou à l’injustice de leurs pair-e-s.
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