Alice Descoeudres naquit dans le canton de Neuchâtel en 1877 mais déménagea à Genève quelques années plus tard. Ses études se soldèrent par un diplôme de pédagogie qui lui permit d’enseigner comme institutrice, tout d’abord dans des écoles privées puis dans l’enseignement public. Pendant vingt-neuf ans, elle s’occupa d’enfants retardés scolairement.
Parallèlement à son métier, elle suivit les cours des psychologues Théodore Flournoy et Edouard Claparède. Elle compléta sa formation après du médecin et psychologue belge Ovide Decroly. Elle s’intéressa aussi à ce qui se faisait à Zurich et en Allemagne. Elle acquit ainsi une formation lui permettant d’approfondir son enseignement spécial auprès d’enfants "anormaux". Ses liens avec Decroly et Claparède développèrent son engagement social et intellectuel. Dès l’ouverture de l’Institut Jean-Jacques Rousseau elle y enseigna la psychologie et la pédagogie des "anormaux" tout en continuant d’enseigner à l’école de Malagnou.
En plus de son activité professionnelle, elle publia de nombreux articles dans des revues spécialisées sur des sujets allant de la mesure de l’intelligence à des tests qu’elle avait conçus elle-même, en passant par la vie morale, les jeux, etc. Elle devint une psychopédagogue mondialement reconnue. En 1916 elle publia « L’éducation des enfants anormaux » qui fut traduit en sept langues. Puis en 1921 parut « Le développement de l’enfant de deux à sept ans » suivi en 1924 par une enquête d’opinion intitulée « Ce que pensent les enfants » qui abordait diverses questions sociales. Enfin, entre 1931 et 1946 parurent une série de livres consacrés à des biographies d’hommes et de femmes du monde entier intéressés par des questions sociales.
Ses travaux sur la psychopédagogie lui permirent d’acquérir une renommée internationale. Dans son école de Malagnou elle recevait des stagiaires qui s’initiaient aux classes spéciales et elle pouvait leur montrer les méthodes nouvelles et les jeux qu’elle avait développés à partir des théories de Decroly. Elle suscita des émules au Brésil et au Mexique grâce à ses tests qui permettaient de faire la différence entre enfants "anormaux" et "retardés". Elle donna également de nombreuses conférences en Suisse et à l’étranger.
En plus de ce toutes ces activités elle eut une action sociale. Elle fut membre un temps du Parti socialiste. Elle fonda la Société des maîtres abstinents et le Patronage des arriérés. Elle donna son appui à des fondations comme le Foyer de la Forêt, et le foyer Morgana à Onex, destiné à recueillir les enfants placés en hôpital psychiatrique avec des adultes. Grâce à ses efforts, le Service d’observation des écoles, qui devint le Service médico-pédagogique, fut créé en 1929.
Alice Descoeudres consacra sa vie à développer l’utilisation de la psychologie appliquée à l’éducation. Elle connut une renommée qui dépassa le canton de Genève. Elle fut une pionnière de l’éducation spécialisée et à ce titre reconnue comme une femme remarquable par ses pairs.
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