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Gabrielle PERRET-GENTIL
1910 – 1999

Gabrielle Perret-Gentil est née à Genève en 1910, de parents commerçants qui l’encouragèrent  à faire une maturité classique au Collège Calvin. Elle se retrouva seule fille d’une classe de garçons. Elle poursuivit sa formation par des études de médecine et une licence de biologie. Après s’être mariée et donné naissance à deux fils, elle se sépara de son mari.

Bien qu’elle fût attirée par la chirurgie, elle réalisa qu’en tant que femme elle aurait des difficultés à exercer cette profession. Sa thèse de doctorat en poche, elle s’orienta vers la gynécologie et se forma principalement en Allemagne pendant la guerre. De retour à Genève à la fin de cette période troublée, elle ouvrit son cabinet de consultation où elle exerça  la gynécologie, mais aussi l’obstétrique et la chirurgie qui l’intéressaient particulièrement.

Ses débuts ne furent pas faciles car les patientes hésitaient à confier leur corps à une femme médecin et d’ailleurs ses confrères ne firent rien pour lui faciliter la tâche. Elle eut de grandes difficultés pour trouver une clinique qui accepta ses opérations. On l’obligea à trouver un chirurgien qui puisse superviser son travail. Ses qualités furent reconnues et elle se constitua une importante clientèle. En 1956 elle fonda sa propre clinique - Vert-Pré – où la diversification des activités assura sa renommée.

Son grand combat fut celui de l’avortement. Dans les années cinquante il  était condamné de façon quasi générale, mais le Code pénal suisse ne condamnait pas l’avortement fait par un médecin s’il était thérapeutique, c’est-à-dire s’il y avait une menace pour la vie de la mère ou pour sa santé. Genève avait une politique libérale et rapidement il y eut affluence de femmes issues de cantons catholiques où l’avortement était interdit, et de femmes étrangères principalement françaises et italiennes.

La doctoresse Perret-Gentil décida d’aider les femmes qui désiraient avorter tout en observant strictement les termes de la loi, mais l’afflux de femmes entraîna une intervention du gouvernement qui voulut faire la différence entre les Suissesses et les étrangères. La doctoresse s’opposa à cette restriction. Elle écrivit un document pour défendre son point de vue et se retrouva bien seule dans cette lutte. Ce document se transforma en un livre intitulé Avortement et contraception (1968). Elle y développait ses idées sur l’avortement légal et insistait sur la contraception. Elle refusait les avortements clandestins qui mettaient en danger la vie des femmes et préconisait déjà la solution des délais. Elle critiquait ses collègues qui se protégeaient en pratiquant l’IVG discrètement afin de ne pas nuire à leur réputation.

Gabrielle  Perret-Gentil savait diversifier ses centres d’intérêt. Elle pratiquait la marche, l’escrime, s’intéressait aux arts et écrivait des romans. Elle perdit progressivement la vue à la fin de sa vie et mourut en 1999. Elle restera dans les mémoires comme la femme qui défendit les autres femmes en leur permettant de n’avoir que des grossesses désirées.


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