Qui se cache derrière cette initiative et quel est son but réel ?
Les courants d’extrême-droite, les évangélistes (PEV, UDF, une partie de l’UDC et une partie du PDC). C’est un courant très minoritaire, ce sont ceux qui n’ont pas digéré leur écrasante défaite en 2002 quand les femmes ont gagné le droit à l’avortement jusqu’à 12 semaines. Sous le couvert du remboursement, c’est bien au droit à l’avortement qu’ils s’attaquent. Malgré leur façon prudente de se présenter aujourd’hui, ils ont toujours été contre le droit à l’avortement, contre le planning familial, contre l’éducation sexuelle à l’école, contre le libre accès à la pilule du lendemain...
Quel est le danger pour la santé des femmes ?
Une femme décidée parvient toujours à avorter. Les femmes qui en ont les moyens continueront à le faire dans de bonnes conditions. Ce sont les femmes les plus désavantagées économiquement qui
seront renvoyées aux méthodes les plus douteuses, pose de sonde, aiguilles à
tricoter... qui avaient cours encore dans les années 60 et 70 et qui sont à l’origine d’infections, de rétentions, d’hémorragies, de stérilités secondaires, voire de décès.
Quelles seraient les rares exceptions prévues par cette initiative ?
Il n’y a pas lieu d’entrer en matière sur le peu d’exceptions qui demeureraient remboursées comme si le droit à l’avortement libre et gratuit n’était pas un acquis. En matière de santé publique, on fait de l’éducation à la santé pour tous, pour éviter l’obésité, les maladies cardio-vasculaires... et les grossesses non désirées. Par contre, quand la maladie survient ou quand il y a un échec de contraception, tout le monde est remboursé. On ne procède pas par la culpabilisation, en excluant certain-e-s qui auraient eu un comportement à risque, on les aide et on reprend l’éducation à la santé.
Quelles sont les pistes d’action pour les groupes de femmes militantes, sur le plan local et national ?
Nous relançons à Genève le comité pour le droit à l’avortement libre et gratuit. D’autres feront certainement de même dans les autres cantons. En ce qui concerne les réseaux nationaux - qui ont été la clef de notre succès en 2001 - il y a la Marche Mondiale des Femmes (MMF), la FemCo, et l’USPDA - Union suisse pour décriminaliser l’avortement reprendra certainement du service.
Quelle est la position des féministes et des professionnel-le-s de la santé ?
En tant que féministe, je suis toujours fermement pour le droit à l’avortement libre et gratuit. Cette campagne sera l’occasion de faire ressortir ce qui ne fonctionne toujours pas très bien chez nous en matière de libre choix. Les jeunes filles se font trop souvent culpabiliser ou maltraiter lorsqu’elles demandent la pilule du lendemain ou un avortement. Il faut en profiter pour élargir nos droits. A ma connaissance, tou-te-s les professionnel-le-s de la santé sont contre cette initiative. Les associations professionnelles vont être amenées à prendre position et nous nous en réjouissons. (Voir la prise de position de la Fédération des médecins suisses - FMH ainsi que celle de la Fédération suisse des sages-femmes en pages 12 et 13).
Nous savons tous d’où nous venons. La Suisse a un des taux les plus bas d’IVG. Nous ne laisserons pas les fondamentalistes nous ramener au temps où il fallait se cacher pour avoir une IVG.
Enfin, l’idée de prendre une assurance complémentaire pour ce risque ne tient pas la route. Comme si les femmes allaient se dire : «Je crois que l’année prochaine je vais faire un écart de contraception ou que je ne vais plus supporter la pilule et l’arrêter maladroitement, je vais donc prendre une assurance complémentaire.»
Est-ce que les fumeurs ou les boulimiques devront faire de même demain ?
Le Comité pour le droit à l'avortement libre et gratuit est relancé à Genève. La première réunion a déjà eu lieu et toutes les personnes prêtes à se mobiliser sont vivement en couragées à rejoinde le groupe.
La prochaine réunion aura lieu
mardi 29 novembre à 18h30
à EFI - Espace Femmes International - 2bis, rue de la Tannerie - 1227 Carouge - Tél. 022 300 26 27
courriel : slerch@worldcom.ch
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