Dossiers VOI(X)ES
POURQUOI UNE MARCHE MONDIALE DES FEMMES ?
Mouvement de femmes, d'une ampleur sans précédent, la Marche mondiale des femmes a ses racines au Québec. En 1995, la Fédération des femmes du Québec, lance une marche contre la pauvreté sur le thème «Du pain et des roses». Cette marche qui a duré 10 jours avec des revendications à caractère économique, a réuni plus de 800 femmes et a été accueillie à son issue par 15'000 personnes. Fortes de cette expérience et des contacts liés, des femmes ont lancé l'idée d'une marche mondiale lors du Forum mondial de Beijing. A partir de là, a commencé un long travail de fond et en réseau avec des groupes de femmes du Nord et du Sud pour mondialiser le mouvement.
Les associations et groupes féministes à l'origine de la Marche avaient pour projet de dénoncer les systèmes sociaux qui perpétuent les inégalités et justifient les violences, et de faire connaître leurs propositions pour un monde plus juste. Elles voulaient «redéfinir les règles politiques, sociales et économiques qui nous gèrent (…). Défaire les systèmes qui perpétuent la peur de la différence, entretiennent la haine de la différence et justifient la violence ; dénoncer les systèmes qui engendrent l'exclusion et accroissent la domination, voilà ce qui nous anime» (extrait du Bulletin de liaison, février 2001, vol. 4, no 1).
Pour cela, il fallait d'abord que les femmes se rencontrent, se parlent, trouvent un fil conducteur pour agir ensemble. L'organisation de la Marche mondiale en l'an 2000 en a été le moyen et son aboutissement un succès.
La solidarité au-delà des frontières
Le mouvement des femmes en l'an 2000 a mobilisé des centaines de milliers de femmes dans le monde : Montréal, New York, Sao Paulo, Mumbaï, Ouagadougou, Genève (plus de 4000 personnes) et de nombreuses autres villes (une cinquantaine dans tous les continents) ont résonné sous les pas de femmes et d'hommes revendiquant la fin de la pauvreté et des violences envers les femmes.
La Marche a permis la création de nouveaux réseaux et de nouvelles solidarités, elle a permis aux femmes des pays du Nord et du Sud de faire entendre leurs voix à l'unisson. Cette action a rassemblé des groupes de femmes issus de 163 pays et territoires dans le monde. Elle a amplifié l'impact des revendications auprès des décideurs. En 2000, les revendications et propositions du mouvement ont été transmises aux responsables de la Banque Mondiale et du Fonds monétaire international (1) . Les Nations unies ont été interpellées avec des propositions d'alternatives politiques pour éliminer la pauvreté et les violences, particulièrement envers les femmes.
Aujourd'hui la Marche mondiale des femmes est devenu un vaste réseau féministe international comprenant plus de 6000 groupes de femmes répartis dans 166 pays. L'année 2005 va être témoin de nouvelles manifestations d'ampleur internationale, qui démarrerons avec la journée internationale des femmes le 8 mars prochain.
Des valeurs partagées
Des valeurs universelles et fondamentales sous-tendent l'action et les revendications du mouvement (voir la Charte en p. 6). Des valeurs axées sur le respect des différences, de l'autonomie, de la paix et de l'égalité des femmes guident également le mouvement dans son organisation:
«Le leadership de l'organisation est entre les mains des femmes.
Toutes les régions du monde partagent le leadership de l'action.
Les groupes participants doivent adhérer aux objectifs et au plan d'action global de la Marche mais demeurent autonomes en ce qui a trait à l'organisation des actions dans leurs pays.
Nous reconnaissons, respectons et valorisons la diversité du mouvement des femmes.
La Marche mondiale est une action pacifiste.»
Se donner les moyens d'agir
Très rapidement les initiatrices de la Marche mondiale des femmes ont organisé l'action. Des coordinations nationales ont été constituées, ainsi qu'un comité international et un secrétariat central basés au Québec. Des actions indépendantes au niveau des pays et coordonnées sur le plan international ont vu le jour (voir deux exmples ci-dessous). Un bulletin de liaison permet d'échanger les informations et de faire état de projets divers menés par les groupes de femmes à travers le monde. Tout groupe désirant s'engager dans des actions concrètes dans le cadre des objectifs et des valeurs portées par ce mouvement peut adhérer au projet de la Marche mondiale (voir le site http://www.marchemondiale.org ).
Informations tirées du bulletin de liaison de la Marche
Le Collectif sur la paix et la démilitarisation a lancé une campagne mondiale sur les violences sexuelles envers les femmes dans les situations de conflits et dans les zones militarisées. La campagne a débuté le 25 novembre 2004. Elle s'étalera sur un an.
Dans un premier temps, les organisations travaillant avec des femmes victimes de violences sexuelles répertorieront les cas de violences sexuelles envers les femmes dans les zones de confits armés ou zones militarisées. Elles analyseront l'action entreprise par le gouvernement en place pour rendre justice à ces femmes et prévenir l'occurrence de ce phénomène et mèneront des campagnes de plaidoyer et de sensibilisation du public sur ces cas.
Les stéréotypes et préjugés à l'égard de la femme constituent un des principaux freins à l'émancipation des femme du Burkina Faso. Ils perpétuent les violences faites aux femmes, dont l'exclusion.
En novembre 2003, la Marche mondiale des Femmes/Action nationale du Burkina Faso (MMF/ANBF) lançait l'Étude sur les Stéréotypes et Préjugés dans le langage, les images et les comportements à l'égard de la femme au Burkina Faso.
Depuis le début de l'année 2004, elle mène un vaste plaidoyer ayant pour thème «Posons un regard nouveau sur la femme !» Les populations de l'ensemble du Burkina Faso ont été concernées par cette étude. Des vocabulaires, images, préjugés, comportements, dictons et proverbes sur la femme, positifs et négatifs, ont été collectés. Les recherches ont permis de constater que la femme burkinabé n'était valorisée qu'en tant que mère au foyer et épouse docile. Suite à cette étude, une formation sur l'approche Genre et Développement basée sur les résultats de l'Étude a été offerte à 35 journalistes issus des grands organes de médias burkinabé.
Les départements chargés de l'éducation seront interpellés pour une prise en compte de la lutte contre les stéréotypes dans le cursus scolaire.
Chokoufeh Samii
(1.) Lettre aux dirigeants du Fonds Monétaire International et de la Banque Mondiale, 2000 bonnes raisons de changer de cap ! Octobre 2000. A lire sur le site: http://users.skynet.be/cadtm/pages/français/marchemondiale.htm
Les associations et groupes féministes à l'origine de la Marche avaient pour projet de dénoncer les systèmes sociaux qui perpétuent les inégalités et justifient les violences, et de faire connaître leurs propositions pour un monde plus juste. Elles voulaient «redéfinir les règles politiques, sociales et économiques qui nous gèrent (…). Défaire les systèmes qui perpétuent la peur de la différence, entretiennent la haine de la différence et justifient la violence ; dénoncer les systèmes qui engendrent l'exclusion et accroissent la domination, voilà ce qui nous anime» (extrait du Bulletin de liaison, février 2001, vol. 4, no 1).
Pour cela, il fallait d'abord que les femmes se rencontrent, se parlent, trouvent un fil conducteur pour agir ensemble. L'organisation de la Marche mondiale en l'an 2000 en a été le moyen et son aboutissement un succès.
La solidarité au-delà des frontières
Le mouvement des femmes en l'an 2000 a mobilisé des centaines de milliers de femmes dans le monde : Montréal, New York, Sao Paulo, Mumbaï, Ouagadougou, Genève (plus de 4000 personnes) et de nombreuses autres villes (une cinquantaine dans tous les continents) ont résonné sous les pas de femmes et d'hommes revendiquant la fin de la pauvreté et des violences envers les femmes.
La Marche a permis la création de nouveaux réseaux et de nouvelles solidarités, elle a permis aux femmes des pays du Nord et du Sud de faire entendre leurs voix à l'unisson. Cette action a rassemblé des groupes de femmes issus de 163 pays et territoires dans le monde. Elle a amplifié l'impact des revendications auprès des décideurs. En 2000, les revendications et propositions du mouvement ont été transmises aux responsables de la Banque Mondiale et du Fonds monétaire international (1) . Les Nations unies ont été interpellées avec des propositions d'alternatives politiques pour éliminer la pauvreté et les violences, particulièrement envers les femmes.
Aujourd'hui la Marche mondiale des femmes est devenu un vaste réseau féministe international comprenant plus de 6000 groupes de femmes répartis dans 166 pays. L'année 2005 va être témoin de nouvelles manifestations d'ampleur internationale, qui démarrerons avec la journée internationale des femmes le 8 mars prochain.
Des valeurs partagées
Des valeurs universelles et fondamentales sous-tendent l'action et les revendications du mouvement (voir la Charte en p. 6). Des valeurs axées sur le respect des différences, de l'autonomie, de la paix et de l'égalité des femmes guident également le mouvement dans son organisation:
«Le leadership de l'organisation est entre les mains des femmes.
Toutes les régions du monde partagent le leadership de l'action.
Les groupes participants doivent adhérer aux objectifs et au plan d'action global de la Marche mais demeurent autonomes en ce qui a trait à l'organisation des actions dans leurs pays.
Nous reconnaissons, respectons et valorisons la diversité du mouvement des femmes.
La Marche mondiale est une action pacifiste.»
Se donner les moyens d'agir
Très rapidement les initiatrices de la Marche mondiale des femmes ont organisé l'action. Des coordinations nationales ont été constituées, ainsi qu'un comité international et un secrétariat central basés au Québec. Des actions indépendantes au niveau des pays et coordonnées sur le plan international ont vu le jour (voir deux exmples ci-dessous). Un bulletin de liaison permet d'échanger les informations et de faire état de projets divers menés par les groupes de femmes à travers le monde. Tout groupe désirant s'engager dans des actions concrètes dans le cadre des objectifs et des valeurs portées par ce mouvement peut adhérer au projet de la Marche mondiale (voir le site http://www.marchemondiale.org ).
Informations tirées du bulletin de liaison de la Marche
Le Collectif sur la paix et la démilitarisation a lancé une campagne mondiale sur les violences sexuelles envers les femmes dans les situations de conflits et dans les zones militarisées. La campagne a débuté le 25 novembre 2004. Elle s'étalera sur un an.
Dans un premier temps, les organisations travaillant avec des femmes victimes de violences sexuelles répertorieront les cas de violences sexuelles envers les femmes dans les zones de confits armés ou zones militarisées. Elles analyseront l'action entreprise par le gouvernement en place pour rendre justice à ces femmes et prévenir l'occurrence de ce phénomène et mèneront des campagnes de plaidoyer et de sensibilisation du public sur ces cas.
Les stéréotypes et préjugés à l'égard de la femme constituent un des principaux freins à l'émancipation des femme du Burkina Faso. Ils perpétuent les violences faites aux femmes, dont l'exclusion.
En novembre 2003, la Marche mondiale des Femmes/Action nationale du Burkina Faso (MMF/ANBF) lançait l'Étude sur les Stéréotypes et Préjugés dans le langage, les images et les comportements à l'égard de la femme au Burkina Faso.
Depuis le début de l'année 2004, elle mène un vaste plaidoyer ayant pour thème «Posons un regard nouveau sur la femme !» Les populations de l'ensemble du Burkina Faso ont été concernées par cette étude. Des vocabulaires, images, préjugés, comportements, dictons et proverbes sur la femme, positifs et négatifs, ont été collectés. Les recherches ont permis de constater que la femme burkinabé n'était valorisée qu'en tant que mère au foyer et épouse docile. Suite à cette étude, une formation sur l'approche Genre et Développement basée sur les résultats de l'Étude a été offerte à 35 journalistes issus des grands organes de médias burkinabé.
Les départements chargés de l'éducation seront interpellés pour une prise en compte de la lutte contre les stéréotypes dans le cursus scolaire.
Chokoufeh Samii
(1.) Lettre aux dirigeants du Fonds Monétaire International et de la Banque Mondiale, 2000 bonnes raisons de changer de cap ! Octobre 2000. A lire sur le site: http://users.skynet.be/cadtm/pages/français/marchemondiale.htm
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